Haut-Karabagh : l'Arménie demande le déploiement de casques bleus russes dans la région

Haut-Karabagh : l'Arménie demande le déploiement de casques bleus russes dans la région Source: AFP
Le 6 octobre 2020, le Premier ministre arménien Nikol Pashinian donne une interview à l'AFP à Erevan (Arménie) (image d'illustration).
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Le Premier ministre arménien estime que le déploiement de Casques bleus russes dans la zone du conflit du Haut-Karabagh pourrait être une solution vers la paix, avant d'enjoindre Paris et Washington de se joindre aux efforts diplomatiques de Moscou.

Lors d'une interview à la chaîne indienne WION le 25 octobre, le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a estimé que le déploiement de Casques bleus russes dans la région du Haut-Karabagh, où s'affrontent Arméniens et Azerbaïdjanais, pourrait être une solution pour sortir du conflit actuel.

«L'expérience montre que des structures de ce type [l'OTAN, les Nations unies] sont souvent privées des leviers nécessaires à l'exercice d'une influence concrète sur la situation. C'est pourquoi nous estimons en l'occurrence que le déploiement des forces de maintien de la paix russes dans la zone du conflit peut être une solution», a fait savoir le dirigeant arménien cité par l'agence de presse russe Interfax.

Et de poursuivre : «Pour nous, la communauté internationale et le groupe de Minsk de l'OSCE [l'Organisation sur la sécurité et la coopération en Europe] doivent contribuer à déployer des forces de maintien de la paix russes dans la zone du conflit.»

Par ailleurs, selon Nikol Pachinian, les Etats-Unis et la France devraient contribuer aux efforts de maintien de la paix déployés par la Russie dans le cadre du règlement du conflit dans le Haut-Karabagh au lieu de proposer des initiatives individuelles.

«Les coprésidents du groupe de Minsk de l'OSCE doivent conjuguer leurs efforts afin de régler le problème [collectivement] au lieu de proposer des initiatives individuelles. J'estime que, dans les circonstances actuelles, les Etats-Unis et la France doivent contribuer aux efforts de maintien de la paix déployés par la Russie […] D'autant plus que la Russie, qui est située plus près de la région [du Haut-Karabagh], dispose de leviers plus efficaces pour influer sur la situation», a ensuite évalué le Premier ministre arménien, d'après la même source.

En outre, Nikol Pachinian a réfuté l'idée selon laquelle Moscou et Ankara mèneraient une guerre par procuration dans la République autoproclamée du Haut-Karabagh.

«La Russie n'est pas impliquée dans le conflit. La Russie agit en tant que coprésident du groupe de Minsk de l'OSCE. Oui, la Russie est un allié stratégique de l'Arménie, mais elle est engagée dans le processus en tant que coprésident du groupe de Minsk», a-t-il souligné.

Une troisième tentative de cessez-le-feu vole en éclats

L'Arménie et l'Azerbaïdjan s'étaient de nouveau engagés à respecter à partir du 26 octobre un «cessez-le-feu humanitaire» dans le conflit au Haut-Karabagh. Les deux parties avaient annoncé cette trêve dans une déclaration conjointe avec les Etats-Unis, après des négociations à Washington.

Le vice-secrétaire d'Etat américain Stephen Biegun a rencontré le 24 octobre les ministres des Affaires étrangères des deux pays et la veille, le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo avait reçu ses homologues azerbaïdjanais Djeyhoun Baïramov puis arménien Zohrab Mnatsakanian, mais sans rencontre à trois.

Les deux pays s'accusent mutuellement d'avoir visé la population civile depuis le début des hostilités, le 27 septembre, dans cette région montagneuse de l'Azerbaïdjan contrôlée par des populations majoritairement arméniennes et soutenues par Erevan.

Ce n'est pas la première fois qu'ils s'engagent en faveur d'une trêve. La déclaration conjointe souligne d'ailleurs que les deux ministres «ont réaffirmé l'engagement de leurs pays à mettre en œuvre et respecter le cessez-le-feu humanitaire conclu à Moscou le 10 octobre, et confirmé dans une déclaration publiée à Paris le 17 octobre». Mais la trêve n'a pas tenu jusqu'ici.

Washington fait partie, avec la France et la Russie, du groupe de Minsk formé de longue date par l'OSCE pour être le principal médiateur dans ce conflit.

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