«Attaque chimique» à Douma : un lanceur d'alerte de l'OIAC témoigne au Conseil de sécurité de l'ONU

«Attaque chimique» à Douma : un lanceur d'alerte de l'OIAC témoigne au Conseil de sécurité de l'ONU© REUTERS/Yves Herman
Le logo de l'OIAC.

S'adressant aux représentants des pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU, un ancien inspecteur de l'OIAC envoyé à Douma après l'attaque chimique présumée d'avril 2018, a dénoncé les conclusions contradictoires du rapport final de l'institution.

Lors d'une réunion du Conseil de sécurité des Nations unis convoquée le 20 janvier par le représentant permanent de la Russie, Ian Henderson, ancien inspecteur de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), a pointé du doigt les «conclusions contradictoires» du rapport final publié en mars 2019 par l'institution concernant l'attaque chimique présumée d'avril 2018 à Douma (Syrie).

Un «revirement complet» par rapport aux observations sur le terrain ?

Membre de la mission d'enquête de l'OIAC dépêchée sur place le même mois pour tenter de faire la lumière sur l'attaque présumée, Ian Henderson s'est alors adressé aux représentants des pays membres du Conseil de Sécurité de l'ONU via une vidéo dans laquelle il s'est inquiété du fait qu'«une équipe dite de base» ait été créée en juillet 2018, «sans inclure les inspecteurs de la mission d'enquête initialement envoyés à Douma».

«Les conclusions du rapport final constituent un revirement complet par rapport à ce que l'équipe avait compris collectivement pendant et après les déploiements à Douma», a notamment expliqué le lanceur d'alerte, considérant que «le rapport final n'était pas clair» quant à plusieurs nouvelles conclusions qui mentionnent «des témoignages, des analyses chimiques, des études balistiques». Et l'ancien inspecteur de l'OIAC de noter le fait que «les résultats d'une expertise en ingénierie et d'une étude balistique» qu'il affirme avoir fait suivre à l'institution, n'aient «pas été pris en compte». «Les résultats appuyaient l'hypothèse selon laquelle il n'y a pas eu d'attaque chimique», a-t-il expliqué.

A la suite de l'intervention de Ian Henderson, les représentants de plusieurs pays se sont exprimés au sujet de l'utilisation présumée d'armes chimiques par le gouvernement syrien sur son territoire. Si celui-ci a toujours démenti de telles allégations, la rhétorique accusatoire visant Damas avait été utilisée pour justifier les frappes occidentales en Syrie dans la nuit du 13 au 14 avril 2018.

Le témoignage de Ian Henderson auprès du Conseil de sécurité des Nations unis intervient après une série de révélations, notamment relayées par WikiLeaks, au sujet de la version finale du rapport de l'OIAC sur l'attaque chimique présumée d'avril 2018 à Douma. On y apprend notamment que le texte, depuis le brouillon jusqu'à sa publication finale, aurait subi quantité de reformulations voire d'omissions selon certaines sources, venant altérer les conclusions de la mission d'enquête initiale. Dernier rebondissement en date, la publication d'un courriel daté de février 2019 et rédigé par Sébastien Braha, chef de cabinet du directeur général de l'OIAC, qui demandait la suppression des archives de l'organisation «de toute trace» d’une note mettant en exergue des éléments contredisant certains points du texte final.

Lire aussi : Déformation du rapport sur l'«attaque chimique» à Douma ? Le courriel d'un expert de l'OIAC révélé

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