Libye : cessez-le-feu entre Haftar et le GNA, Poutine appelle à la tenue d'une conférence de paix

Libye : cessez-le-feu entre Haftar et le GNA, Poutine appelle à la tenue d'une conférence de paix© Sputnik/Alexei Druzhinin/Kremlin
Vladimir Poutine rencontre Recep Tayyip Erdogan à Istanbul, en Turquie, le 8 janvier 2020 pour inaugurer le lancement du gazoduc TurkStream (image d'illustration).

La Libye se dirige-t-elle vers une période de paix durable ? Grâce à l'entreprise diplomatique des présidents turc et russe, le maréchal Khalifa Haftar et Fayez al-Sarraj, en conflit depuis avril dernier, ont accepté un (fragile) cessez-le-feu.

Après plusieurs mois de combat pour prendre le contrôle de la capitale libyenne Tripoli, le maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’est de la Libye à la tête l'Armée nationale libyenne (ANL) autoproclamée, a accepté le 11 janvier d’instaurer un cessez-le-feu, conformément à un appel lancé par Ankara et Moscou le 8 janvier, au milieu d’un ballet diplomatique face au risque d’une internationalisation du conflit en Libye.

Le 12 janvier, Fayez al-Sarraj, le dirigeant du Gouvernement d’union nationale (GNA) – organisation rivale des forces du maréchal Haftar – qui est reconnu par l’Organisation des Nations unies (ONU) depuis sa formation le 12 mars 2016, a par la suite accepté l’appel à un cessez-le-feu.

Libye : cessez-le-feu entre Haftar et le GNA, Poutine appelle à la tenue d'une conférence de paix© HO, FETHI BELAID / Tunisian Presidency / AFP
A gauche, Fayez al-Sarraj et à droite, Khalifa Haftar

Vers une détente du conflit libyen ?

Le 8 janvier, deux des acteurs internationaux clés à la résolution du conflit libyen, la Russie et la Turquie, avaient appelé depuis Istanbul à un cessez-le-feu à partir du 12 janvier à minuit (22h GMT, le 11 janvier), alors même que les forces du maréchal Haftar prévoyaient de mener une nouvelle offensive pour prendre Tripoli, où siège le GNA.

L’homme fort de l’est libyen a finalement accepté la cessation des hostilités le 11 janvier, communiquant toutefois que la riposte serait «sévère en cas de violation de la trêve par le camp adverse», selon l’AFP.

En face, la réponse de Fayez al-Sarraj ne s’est pas faite attendre. Seulement quelques heures après l’accord du maréchal Haftar, le chef du GNA a annoncé dans un communiqué «un cessez-le-feu à partir du 12 janvier à 00h00», soulignant le «droit légitime» de ses forces de «riposter à toute attaque ou agression qui pourrait provenir de l’autre camp», d'après des propos rapportés par l’AFP.

Le maréchal Haftar avait, pour sa part, salué «l’initiative du président [russe] Vladimir Poutine».

Une initiative conduite par Ankara et Moscou

Et pour cause, cette trêve intervient après un intense chassé-croisé diplomatique depuis le début de la semaine, notamment conduit par Ankara, Moscou et dans une moindre mesure Berlin, qui redoute que le conflit ne devienne une «seconde Syrie».

Le 11 janvier, Vladimir Poutine et la chancelière allemande Angela Merkel, qui entendent tout deux agir comme médiateurs du conflit en Libye, se sont rencontrés à Moscou.

«Je compte vraiment sur le fait que dans quelques heures, [...] comme nous l'avons demandé avec le président turc [Recep Tayyip] Erdogan, les parties au conflit libyen cesseront le feu», avait alors déclaré le président russe à l'issue d’une conférence de presse, avant d’insister : «Il est important de mettre fin enfin à la confrontation armée.»

Côté allemand, la chancelière, en visite en Russie pour la première fois depuis le printemps 2018, a salué les efforts russo-turcs. «Nous espérons que les efforts conjoints de la Russie et de la Turquie aboutiront à un succès, et nous enverrons bientôt des invitations à une conférence [de paix] à Berlin sous l’égide de l’ONU», a alors annoncé Angela Merkel, afin que la Libye puisse redevenir un pays «souverain et pacifié». Vladimir Poutine a, en retour, exprimé qu’une telle conférence serait un «pas dans une bonne direction».

Goûtant peu à l'initiative diplomatique russe, l'ambassade américaine à Tripoli avait dénoncé dans un communiqué le «déploiement de mercenaires russes [...] et de combattants syriens soutenus par la Turquie» dans le pays. Des accusations qui ont une nouvelle fois été rejetées par Vladimir Poutine, lors de la conférence de presse du 11 janvier : «S'il y a des citoyens russes là-bas, ils ne représentent pas les intérêts de l'Etat russe et ne reçoivent pas d'argent de l'Etat russe.»

Enfin, le chef de la diplomatie turque, Mevlüt Cavusoglu, avait pour sa part appelé Moscou à «convaincre» le chef militaire et homme fort de l’est de la Libye. Ankara a déployé des militaires sur le territoire libyen depuis début janvier pour soutenir le GNA.

La Libye est en proie à la division et au chaos après l'intervention menée notamment par la France, les Etats-Unis et le Royaume-Uni en 2011, dans le cadre de l'OTAN. Celle-ci s'était soldée par la mort, dans des circonstances troubles, du dirigeant Mouammar Kadhafi.

Lire aussi : Libye : pas de sortie de crise sans implication de l’Afrique, prévient Sassou-Nguesso

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