Présidentielle algérienne : après l'annonce des résultats, nouvelles manifestations dans le pays

Présidentielle algérienne : après l'annonce des résultats, nouvelles manifestations dans le pays© Ramzi Boudina Source: Reuters
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Des milliers d'Algériens protestent à Alger contre l'élection à la tête du pays d'Abdelmadjid Tebboune, le 13 décembre 2019.

Plus de 24 millions d’Algériens ont été appelés aux urnes afin d’élire leur président. Au terme d'un scrutin émaillé d'incidents, quatre des cinq candidats ont assuré avoir gagné leur place pour le second tour de l'élection présidentielle.

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  • Le nouveau président algérien Abdelmajid Tebboune a tenu sa première conférence de presse après sa victoire à la présidentielle du 12 décembre. Au cours de son discours, le chef d'Etat a déclaré vouloir instaurer un dialogue avec le Hirak, le mouvement de contestation populaire algérien : «Je tends ma main au Hirak pour un dialogue afin de bâtir une Algérie nouvelle.»  

    Il a par ailleurs annoncé une révision «profonde» de la Constitution, qui sera ensuite soumise à un «référendum populaire», sans toutefois donner plus de précision. 

    Interrogé par un journaliste sur la réaction de son homologue français à son élection, Abdelmajid Tebboune a lancé : «Je ne lui répondrai pas», avant d'ajouter : «Je ne reconnais que le peuple algérien.» Emmanuel Macron avait quelques heures plus tôt déclaré «prendre note» de l'élection du président et appelé au «dialogue» avec le peuple algérien. 

  • De nombreux internautes ont tenu à rendre hommage ce 13 décembre à Abdelhamid Amine, dit «Nime», peintre et auteur de bandes dessinées, condamné le 11 décembre à un an de prison dont trois mois ferme, après la publication de plusieurs caricatures de responsables algériens. 

    L'une de ses productions intitulée «L'Elu» montre le général Ahmed Gaïd Salah, chef d'état-major de l'armée, un genou à terre, passer un chausson de vair au pied de l'ex-Premier ministre Abdelmadjid Tebboune, devenu le nouveau président du pays. 

    L'AFP citant le Comité national de libération des détenus (CNLD) avait rapporté que le Parquet d'Oran (350 km à l'ouest d'Alger) avait requis le 5 décembre 18 mois de prison ferme contre lui pour «atteinte au moral de l'armée» et «atteinte à l'intégrité du territoire». 

  • En référence à l’un des fils du nouveau président – en détention préventive dans une affaire de trafic d'influence impliquant plusieurs hauts responsables, après la saisie de 700 kg de cocaïne dans un port algérien en mai 2018 – des manifestants ont recouverts leur nez de ce qui semble être de la farine.

  • Des manifestants remercient les habitants de Kabylie pour avoir massivement boycotté le scrutin. Dans les départements de Tizi-Ouzou et de Bejaïa, le taux de participation à 14h avait été quasi-nul (0,04% et 0,14%). 

  • Selon la chaîne privée Ennahar, Ali Benflis a affirmé qu'il ne contesterait pas les résultats. Il a en outre appelé «à transmettre le flambeau» à la nouvelle génération. Ancien Premier ministre d'Abdelaziz Bouteflika, il s'est présenté à la présidentielle à trois reprises sans toutefois parvenir à briguer la magistrature suprême. 

  • Dans un communiqué, le ministère russe des Affaires étrangères a estimé que la tenue de cette présidentielle constituait «une étape importante pour le développement de l’Algérie amie». 

    La Russie espère que l'élection du nouveau chef d'Etat algérien permettra aux relations entre les deux pays «d'être constamment renforcées et élargies».

  • Emmanuel Macron «prend note» de l'élection d'Abdelmadjid Tebboune et appelle au «dialogue» avec le peuple algérien. 

    «Je souhaite simplement que ces aspirations exprimées par le peuple algérien trouvent une réponse dans le dialogue qui doit s'ouvrir entre les autorités et la population», a souligné le président français.

    «Il appartient aux Algériens d'en trouver les voies et moyens dans le cadre d'un véritable dialogue démocratique et je leur dis, avec respect et amitié, que dans ce moment crucial de leur histoire, la France se tient à leurs côtés», a-t-il ajouté.

  • Les rues du centre-ville d'Alger sont actuellement noires de monde. 

    Comme lors des précédents vendredis, un important dispositif de sécurité a été mis en place. 

    «Election militaire : l'armée a voté jour et nuit», scandent notamment les manifestants. 

  • Sans surprise, Abdelmadjid Tebboune est toujours dans le collimateur des manifestants opposés à la tenue d'une élection présidentielle. 

  • En dehors de la capitale, des manifestations sont également en cours dans plusieurs villes du pays. Comme à Tizi-Ouzou ou encore à Bouira. 

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Dans quelles conditions va se dérouler la présidentielle algérienne de ce 12 décembre ? Deux scénarii sont envisagés : alors que les autorités assurent que le scrutin sera «une fête électorale», les partisans du Hirak (mouvement de protestation lancé en février contre le pouvoir) entendent le boycotter. Pour ces derniers, cette échéance électorale ne constituerait guère une chance de sortir de la crise actuelle mais permettrait au contraire, de maintenir un système politique qu'ils rejettent fermement depuis 10 mois.

Les candidats à la présidentielle dans le collimateur du Hirak

De fait, en plus des dirigeants actuels, ardents défenseurs de l'élection présidentielle, les protestataires ont dans le viseur les cinq prétendants au palais d'El Mouradia. Tous ont pour point commun d’avoir soutenu – plus ou moins brièvement – la politique d’Abdelaziz Bouteflika : Azzedine Mihoubi et Abdelkader Bengrina ont pour leur part été ministres sous l'autorité du président déchu. 

Ali Benflis a, lui, été son Premier ministre de 2000 à 2003 avant d'en devenir l'opposant. Abdelmadjid Tebboune a également présidé le gouvernement lors du dernier mandat du président déchu avant d'être remercié trois mois après sa nomination en mai 2017. Quant au cinquième postulant retenu, Abdelaziz Belaïd, il a notamment fait partie d'organisations de jeunes qui ont aussi soutenu l’ancien chef de l’Etat algérien. 

Leurs liens politiques plus ou moins anciens avec l'ex-chef d'Etat algérien se sont avérés être un lourd handicap sur le terrain. Certains de leurs déplacements, effectués dans le cadre de la campagne électorale, ont en effet été perturbés par des opposants au scrutin. 

C'est donc dans un contexte particulièrement tendu que se tiendra cette échéance électorale décisive. Aux traditionnelles manifestations bihebdomadaires du mardi et du vendredi, s’est désormais ajoutée depuis le 8 décembre, une grève générale : dans certaines régions du pays, notamment en Kabylie, la plupart des commerçants ont décidé de cesser leurs activités.

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