Bolsonaro critiqué pour avoir diffusé une vidéo obscène sur Twitter afin de discréditer le carnaval

Bolsonaro critiqué pour avoir diffusé une vidéo obscène sur Twitter afin de discréditer le carnaval © Adriano Machado Source: Reuters
Jaïr Bolsonaro à Brasilia le 20 février 2019.

Le président, comptant dénigrer le carnaval brésilien qui l’avait ridiculisé, a publié une vidéo de douche d’urine entre hommes censée s'être produite durant les festivités. Cette initiative lui a valu de nombreuses critiques.

Le nouveau président brésilien Jair Bolsonaro a choqué son pays en publiant sur son compte Twitter une vidéo non sourcée d’une golden shower (douche d’urine lors de jeux sexuels) pour critiquer le carnaval de Rio qui l’avait pris pour cible. Lors de ces blocos, ces fêtes de rue populaires rassemblant des milliers de personnes, les Brésiliens ont pu laisser libre cours à leurs protestations contre leur président nationaliste

Dans cette vidéo, tournée selon la presse locale à Sao Paulo, un homme quasi-nu, en string aux longs cheveux, exécute tout d'abord une danse obscène sur une estrade, les fesses en arrière. Puis il se positionne la tête en bas, et l'homme qui lui fait face se livre alors à une longue douche d’urine sur ses cheveux, sous les acclamations de la foule.

Qu’est ce qu’une golden shower ?

«Je ne me sens pas à l’aise de montrer cela, mais nous devons exposer la vérité pour que la population sache et définisse ses priorités. Voilà ce que sont devenus beaucoup de blocos de rue. Commentez et tirez-en les conclusions», a tweeté le président pour accompagner les images. 

Visiblement très intrigué, le président brésilien, utilisateur frénétique des réseaux sociaux, a persisté sur le sujet en se fendant dans la journée d’un second tweet : «Qu’est ce qu’une golden shower ?»

Cette publication déplacée lui a valu de vives critiques sur Twitter, les internautes lui reprochant d’avoir diffusé une vidéo indigne de sa fonction, en libre accès, y compris pour les enfants. De nombreux Brésiliens ont critiqué cette atteinte portée à leur carnaval, l'une des fiertés de la nation. La vidéo a été visionnée plus de cinq millions de fois et a donné lieu à la création de hashtag, dont un, #ImpeachmentBolsonaro, réclame la destitution du président. Le chef de l'Etat a toutefois pu compter sur des soutiens rassemblés autour du hashtag #BolsonaroTemRazao, «Bolsonaro a raison» même si les avis positifs le concernant ont chuté de 75% en décembre 2018 à 39% aujourd'hui, selon deux sondages, émanant pour le premier d'Ipobe et pour le second de la Confédération industrielle nationale brésilienne.

Des membres de nombreux partis politiques d’opposition brésiliens ont également réagi à cette publication, comme le député Chico Alencar, du Parti socialisme et liberté (PSOL, gauche) : «Le Brésil est devenu la risée du monde. Le pays semble gouverné par un garçon polisson de douze ans, dont le sujet préféré se résume à la sexualité d’autrui, avec l’intention de diaboliser le carnaval. Bolsonaro n’a pas dépassé le stade anal de Sigmund Freud.»

Le palais présidentiel s’est vu obligé de communiquer sur l’incident et a prétendu le 6 mars que le dirigeant n'avait «pas l’intention de critiquer le carnaval de manière générale mais de montrer la distorsion» existant entre cette vidéo et l'esprit habituel du carnaval. Il a insisté sur l'importance de cette «fête populaire» et «démocratique».

A Rio, l'édition 2019 du carnaval a subi d'importantes restrictions budgétaires imposées par Marcelo Crivella, maire de la ville, un ex-pasteur évangélique rebuté par l'hédonisme de cette immense manifestation populaire. Les écoles de samba, qui organisent le défilé emblématique du carnaval, n’ont ainsi reçu que la moitié des subventions habituelles. Elles n’ont pas désarmé pour autant. Elles ont décidé de défier le pouvoir en choisissant des thèmes contestataires et en glorifiant les racines brésiliennes, les femmes noires et les Indiens, sujet honni par les puissants lobbies évangéliques du pays. Dans les blocos, des groupes de Brésiliens ont arrosé de bière des poupées à l'effigie de Jair Bolsonaro, entonné des chansons obscènes ou se sont massés devant l'une de ses résidences pour dénoncer des liens présumés de sa famille avec la mafia.

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