Peur d'une contagion ? L'Egypte restreint la vente de gilets jaunes

Peur d'une contagion ? L'Egypte restreint la vente de gilets jaunes© Zakaria Abdelkafi Source: AFP
Des Gilets jaunes, le 8 décembre 2018 à Paris (image d'illustration).

La mesure peut prêter à sourire de ce côté de la Méditerranée. Mais dans un pays qui a connu une révolution sanglante suivie d'un coup d'Etat militaire, la perspective d'une contagion du mouvement des Gilets jaunes est prise très au sérieux.

Alors que le huitième anniversaire de la chute de l'ancien président égyptien Hosni Moubarak approche, les autorités égyptiennes veulent à tout prix éviter la contagion du mouvement des Gilets jaunes. Elles ont ainsi discrètement limité la vente du fameux symbole de la révolte contre le pouvoir en place qui a secoué la France.

Selon l'agence américaine Associated Press (AP), les vendeurs au détail du centre-ville du Caire ont en effet reçu pour consigne de ne plus vendre de gilets jaunes aux acheteurs occasionnels, en limitant les ventes aux grossistes et aux sociétés vérifiées.

La police est venue ici il y a quelques jours et nous a dit d’arrêter de les vendre

Les commerçants concernés auraient reçu l'obligation de demander une autorisation expresse à la police avant de conclure une vente. Ces mesures, qui prévoient également des sanctions pécuniaires à l'encontre des contrevenants, devraient demeurer en vigueur jusqu'à la fin du mois de janvier.

«La police est venue ici il y a quelques jours et nous a dit d’arrêter de les vendre», a expliqué un revendeur à Associated Press. Les autorités égyptiennes «ne semblent pas vouloir que quiconque fasse ce qu’ils font en France», témoigne un autre commerçant interrogé par AP, exigeant comme ses collègues d’être cité sous couvert de l'anonymat, par peur de représailles.

L'agence de presse explique également que, selon les témoignages qu'elle a recueillis, les importateurs de produits de sécurité industrielle et les grossistes ont été convoqués à une réunion d’information au Caire la semaine du 10 décembre.

Une des raisons de la nervosité des autorités tiendrait à la façon dont la mobilisation des Gilets jaunes a été traitée en Egypte. Les médias télévisés auraient en effet beaucoup insisté sur les émeutes, pillages et incendies survenus à Paris comme en province. Une référence à peine voilée au discours présidentiel qui martèle que les manifestations conduisent au chaos. Depuis l’arrivée au pouvoir dans un contexte particulièrement troublé du général Abdel Fattah al-Sissi en 2014, aucune manifestation de grande ampleur n'a eu lieu en Egypte. A chaque anniversaire de la chute de Hosni Moubarak, les autorités sont en alerte et l'armée est déployée dans les villes principales d'Egypte.

Lire aussi : Gilets jaunes: Recep Tayyip Erdogan critique la «violence disproportionnée» des autorités françaises

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies. Cliquez ici pour en savoir plus.

Accepter