«Armée européenne» : l'OTAN rappelle que Londres et Paris lui avaient demandé d'intervenir en Libye

«Armée européenne» : l'OTAN rappelle que Londres et Paris lui avaient demandé d'intervenir en Libye© Mohammad Ismail Source: Reuters
Jens Stoltenberg à Kaboul en Afghanistan, novembre 2018 (image d'illustration).

Lors d'un forum à Berlin, le secrétaire général de l'OTAN a fustigé à mots couverts la volonté de l'Elysée de créer une armée européenne et a révélé que l'opération militaire en Libye avait été élaborée à la demande de la France et du Royaume-Uni.

Selon une déclaration du secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, à l'occasion du forum OTAN-industrie à Berlin le 12 novembre, l'opération militaire menée en Libye n'a pas été initiée par son organisation, mais par un groupe de pays européens qui auraient dans un deuxième temps demandé l'aide de l'alliance. Les pays évoqués par le secrétaire général sont «le Royaume-Uni et le France», «non pas l'Allemagne», a-t-il pris le soin de préciser.

Jens Stoltenberg réagissait avant tout à la proposition faite par Emmanuel Macron de créer une armée européenne indépendante de l'OTAN et des Etats-Unis. «Je salue les efforts renforcés de l'Union européenne en matière de défense [...] parce que c'est une bonne chose si les alliés européens ont plus de capacités, s'ils travaillent plus étroitement ensemble», a concédé le Norvégien, avant de mettre en garde : «Ce dont nous ne nous félicitons pas, c'est que l'UE commence à développer des structures en double.»

Afin d'insister sur l'importance de l'OTAN pour l'Europe, Jens Stoltenberg a pris l'exemple de la Libye : «On ne dit pas que toutes les opérations de l'OTAN doivent être conjointes avec les Etats-Unis, mais ces derniers sont importants et on a souvent besoin d'eux : ainsi je me souviens bien de l'opération en Libye parce que j'étais à l'époque Premier ministre de la Norvège et la Norvège s'y est jointe. [...] Quand nous nous sommes rencontrés à Paris pour prendre une décision définitive, l'OTAN n'était pas présente à la table, il n'y avait pas d'Alliance, mais la réalité est telle que, par la suite, nous avons compris qu'il nous fallait l'aide de l'OTAN et des Etats-Unis, de leurs capacités et structures de commandement».

Le chef de l'OTAN s'est ainsi montré pessimiste quant aux chances de réussite d'une éventuelle aventure militaire européenne : «En ce qui concerne l'autonomie stratégique, ce n'est pas clair, mais on dirait qu'il s'agit de s'occuper seulement d'enjeux stratégiques importants. Je ne pense pas que ce soit raisonnable.» 

Lire aussi : L'idée d'une «armée européenne» déplaît fortement à l'Otan

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