Pittsburgh : une section du Labour aurait refusé de condamner le caractère «antisémite» de la tuerie

Pittsburgh : une section du Labour aurait refusé de condamner le caractère «antisémite» de la tuerie© Tolga AKMEN Source: AFP
Un membre de la communauté juive lors d'une manifestation contre l'antisémitisme présumé au sein du parti travailliste, devant le Parlement britannique à le 26 mars 2018, dans le centre de Londres.
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Une section locale du Parti travailliste britannique aurait refusé de qualifier d'antisémite l'attaque perpétrée dans une synagogue aux Etats-Unis, qui a fait 11 morts parmi les fidèles. Ses membres auraient préféré condamner le racisme en général.

Selon une information publiée dans le quotidien britannique The Independent le 3 novembre, une section locale du Parti travailliste (Labour) de Norton West, dans le nord de l’Angleterre, aurait refusé de voter une motion qualifiant l’attaque de Pittsburgh (Etats-Unis) d’antisémite, préférant exprimer sa condamnation de toute forme de racisme. 

Steve Cooke, responsable de l'instance locale du Parti travailliste de Norton West qui a proposé la motion dénonçant l'antisémitisme de cette attaque, s'est dit «choqué» par le fait qu'elle ait été rejetée.

Selon lui, le texte en question estimait que ce meurtre «démontr[ait] les dangers posés par la montée des sentiments antisémites et du discours de haine dans le monde» et exprimait la nécessité de «se montrer solidaire de la communauté juive du monde entier». La motion réaffirmait sa conviction que de tels préjugés devaient être «combattus et éradiqués, où qu'ils se manifestent».

Cependant, à sa grande surprise, seuls deux membres auraient appuyé cette motion lors du vote. Celle-ci aurait donc été rejetée.

Steve Cooke a exprimé sa consternation devant ce refus dans un long post sur sa page Facebook : «J'imaginais que la motion d'urgence que j'avais rédigée pour condamner les meurtres de Pittsburgh, critiquer le discours de haine antisémite et présenter le Parti travailliste comme le fer de lance de la lutte contre de tels préjugés, serait approuvée sans controverse.»

Selon lui, les membres du parti présents à la réunion se seraient opposés à la motion au motif qu'une attention excessive aurait été accordée à «l'antisémitisme». Ils estimaient que le texte aurait dû condamner plus généralement toute forme de racisme, et non se focaliser sur celle exclusive de l'antisémitisme – mobile officiellement retenu par les autorités américaines pour l'enquête ouverte après le massacre de Pittsburgh.

Steve Cooke assure que les précédentes motions discutées par sa section et traitant d'islamophobie ou de la rhétorique anti-immigrée n'avaient pas reçu le même accueil. Lors des débats autour de ces motions, la référence précise à une forme de discrimination ou de racisme en particulier n'avait selon lui pas gêné ses camarades.

Souvent accusé d'antisémitisme, le Labour, principal parti d'opposition en Grande-Bretagne, va peut-être bientôt faire face à une procédure judiciaire. Une enquête criminelle a été annoncée le 2 novembre sur des accusations d'antisémitisme en son sein. 

Sous le feu des critiques, Jeremy Corbyn a reconnu l'existence d'«un vrai problème» lié à l'antisémitisme au sein de son parti. Le 5 août, il publiait une vidéo dans laquelle il rejetait explicitement tout antisémitisme de sa part ou de la part du Labour, invitant les antisémites à quitter son parti car ils n'y avaient pas leur place selon lui. 

 

Lire aussi : Quelque chose de pourri au Royaume-Uni : le sens de la guerre contre Jeremy Corbyn

 

 

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