Angela Merkel veut signer des accords avec l’Afrique du Nord pour limiter le flux migratoire

Angela Merkel veut signer des accords avec l’Afrique du Nord pour limiter le flux migratoire© Lisi Niesner Source: Reuters
Angela Merkel au sommet informel des leaders européens à Salzbourg le 20 septembre 2018.

A la suite du sommet informel du Conseil européen en Autriche, la chancelière allemande a appelé à renforcer la coopération avec les pays d’Afrique du Nord pour tarir le flux migratoire, sugérant de s’appuyer sur le modèle de l’accord UE-Turquie.

Les leaders européens, Angela Merkel en tête, ont décidé de s’appuyer sur les pays d’Afrique du Nord comme l’Egypte, la Tunisie ou le Maroc pour enrayer l’afflux de migrants.

A la clôture du sommet informel du Conseil européen à Salzbourg en Autriche, la chancelière allemande a informé que les pays d’Europe cherchaient à passer des accords avec les Etats d’Afrique du Nord. «Nous aurons besoin de conventions et d’accords qui seront structurés comme l’accord entre l’Union européenne et la Turquie», a-t-elle annoncé, ajoutant que les détails seront discutés au cas par cas avec chaque pays.

Depuis mars 2016, Ankara s'est en effet engagé à stopper les flux de réfugiés qui tentent d'atteindre l'Europe, et notamment la Grèce en passant par la Turquie, tout en permettant à un certain nombre de demandeurs d'asile de se rendre dans l'Union européenne (UE) légalement. En échange, Bruxelles a promis de financer une partie des coûts engendrés par cet accueil en versant 6 milliards d'euros à la Turquie, d'accélérer le processus d'intégration de la Turquie dans l'UE et d'exempter de visa les citoyens turcs souhaitant voyager dans l'espace Schengen. 

L'Afrique du Nord, nouveau rempart contre l'immigration économique ? 

Depuis l’été, individuellement, les Etats européens négocient et renforcent leur coopération avec les pays méditerranéens en vue de contenir les arrivées de migrants.

Le 11 août, au cours d'une réunion avec la chancelière allemande Angela Merkel, Pedro Sanchez, le nouveau président du gouvernement espagnol, avait confirmé travailler sur une coopération avec le Maroc pour enrayer l’afflux de réfugiés. «Nous sommes en discussion avec la Commission européenne pour débloquer une série de ressources économiques qui permettent au Maroc […] d’être beaucoup plus efficace dans le contrôle de ses frontières, au départ des embarcations vers les côtes espagnoles», avait-t-il déclaré. 

Le ministre de l’Intérieur italien, Matteo Salvini, avait quant à lui annoncé le 3 août que son gouvernement envisageait d'aider financièrement les économies du Maroc, de l’Algérie et de la Tunisie dans le cadre de la lutte contre l’immigration clandestine. En parallèle, la Libye et l’Italie, dont les liens se sont resserrés, avaient déjà établi depuis juin 2018 un transfert de responsabilité aux garde-côtes libyens, qui coordonnent désormais les opérations de sauvetage de migrants en mer. 

Toujours en juin, à l’occasion d’un sommet les 28 et 29 juin, les leaders européens avaient envisagé de créer des centres, nommés hotspots, en Afrique du Nord et en Europe pour départager les vrais demandeurs d’asile des migrants économiques. «Le développement du concept de plateformes régionales de débarquement», dont la compatibilité avec le droit international n'a pas encore été clairement établie, n’a été accepté par aucun pays d’Afrique du Nord.

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