Le commissaire européen Oettinger est de retour (et il met le gouvernement italien en garde)

Le commissaire européen Oettinger est de retour (et il met le gouvernement italien en garde) Source: Reuters
Le commissaire européen au Budget Günther Oettinger
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Il avait prédit que les marchés financiers dissuaderaient les Italiens de voter «populiste». Le commissaire européen Günther Oettinger prévient cette fois Rome qu'un refus de payer sa contribution au budget de l'UE serait «une violation des traités».

L'option envisagée par le gouvernement italien de ne plus payer sa contribution au budget de l'Union européenne (UE), considérant que Bruxelles a «tourné le dos» à Rome dans le cadre de la crise migratoire, ne plait pas aux commissaires européens. Dans un entretien accordé au quotidien allemand Die Welt ce 29 août, Günther Oettinger a tenu à le faire savoir.

«Tous les Etats membres de l'UE sont soumis à l'obligation de payer leur contribution dans les délais convenus : tout le reste serait une violation des traités», a estimé le commissaire européen au Budget.

Il a assorti ce constat d'une mise en garde à destination du gouvernement italien : «L'Italie mérite notre soutien dans sa gestion de la crise migratoire et de ses conséquences : je ne peux que mettre Rome en garde contre un amalgame entre la question migratoire et le budget de l'UE.» 

Le vice-président du Conseil italien avait affirmé sa volonté de ne pas faire payer aux Italiens «un centime de plus» pour le budget de l'UE, évoquant le gel des «20 milliards d'euros» de contribution dus par l'Italie : une exagération dans les chiffres que n'avait déjà pas manqué de relever Günther Oettinger dans un entretien accordé au site Politico quelques jours plus tôt. «Nous devons corriger les chiffres : ce ne sont pas 20 milliards d'euros par an. L'Italie contribue à hauteur de 14, 15 ou 16 milliards par an», avait-il rectifié, soulignant en outre que, compte tenu de ce que percevait l'Italie de la part de l'UE, celle-ci n'était en réalité contributeur net qu'à hauteur de trois milliards d'euros.

Je ne peux que mettre Rome en garde contre un amalgame entre la question migratoire et le budget de l'UE

Le commissaire européen en provenance d'Allemagne Günther Oettinger avait fait parler de lui en mai dernier. Commentant les résultats des élections législatives italiennes, marquées par une percée sans précédent de la Ligue de Matteo Salvini et du Mouvement 5 étoiles (M5S) de Luigi Di Maio, le commissaire européen avait alors déclaré : «Les marchés ainsi qu'une "sombre" perspective apprendront aux électeurs italiens à ne pas voter pour les partis populistes aux prochaines élections.» Cette déclaration choc, critiquée jusque par ses pairs à Bruxelles, avait jeté de l'huile sur le feu : la veille, le président italien venait en effet de charger un ancien du FMI de constituer un gouvernement technique, estimant que la Ligue et le M5S ne pouvaient gouverner. Finalement, Luigi Di Maio et Matteo Salvini avaient fini par s'entendre.

Depuis, le gouvernement d'alliance italien donne des sueurs froides à Bruxelles. Luigi Di Maio avait ainsi donné jusqu'au 24 août dernier à l'UE pour trouver une solution à la répartition entre d'autres Etats membres d'environ 150 migrants actuellement bloqués au port de Catane en Sicile, sur le navire Diciotti. C'est cet ultimatum, ignoré par Bruxelles, qui a déclenché une série d'annonces laissant planer la possibilité d'un refus italien de payer sa contribution au budget de l'UE.

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