Moscou : deux adolescentes accusées d'extrémisme passent de la prison à l'assignation à résidence

Moscou : deux adolescentes accusées d'extrémisme passent de la prison à l'assignation à résidence© Tatyana Makeyeva Source: Reuters
Devant la porte du tribunal à Moscou, des manifestants ont accroché des peluches, symbolisant la jeunesse des accusées.

Les deux adolescentes qui étaient incarcérées depuis cinq mois pour avoir participé à un groupe de discussion qualifié d'extrémiste par la justice ont été assignées à résidence en attente de leur jugement. Elles encourent jusqu'à 12 ans de prison.

Au lendemain d'une manifestation de soutien en leur faveur, la justice russe a décidé le 16 août d'assigner à résidence deux adolescentes accusées d'extrémisme qui ont passé cinq mois en détention pour cette raison. Elles encourent cependant une peine de douze ans de réclusion pour avoir constitué un groupe de contestation. L'avocat des deux jeunes prévenues a notamment fait valoir la dégradation de leur état de santé.

L'histoire emprunte à Rocambole autant qu'aux romans de John Le Carré. Anna Pavlikova, 18 ans et Maria Doubovik, 19 ans étaient des figures proéminentes d'un groupe de messagerie instantanée sur Telegram qui s'intitulait «Novoïe Velitchie» (Nouvelle Grandeur) et dont les motifs, peu clairs, semblaient en tout cas assez peu amènes à l'égard du gouvernement actuel qu'elles déclaraient vouloir renverser. Au plus fort, le groupe a réuni une centaine de personnes.

Malheureusement pour les anarchistes en herbe, ce groupe de discussion, sur lequel ils se lamentaient de n'avoir pas de formation aux armes, était infiltré par des agents du Service fédéral de sécurité, le FSB. Selon la version de la défense, ces agents auraient poussé les deux jeunes femmes à s'engager plus avant dans leurs rebelles desseins. La défense, au contraire, a fait valoir que les jeunes de ce groupe étaient très inexpérimentés, affirmant par exemple qu'ils avaient échoué à lancer une chaîne vidéo à la gloire de leur héros, Alexeï Navalny, faute d'avoir pu réunir assez d'argent pour acheter une caméra.

Les opposants politiques au gouvernement russe pointent la grande jeunesse des personnes accusées d'extrémisme à travers toute la fédération. La manifestation en faveur des jeunes femmes, le 15 août, avait réuni plusieurs centaines de personnes, qui, peluches en main, défilaient à Moscou pour exiger la remise en liberté de ces deux adolescentes, qui sont devenues une sorte de symbole. Six personnes sont toujours derrière les barreaux dans le cadre de cette enquête.

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