Trump fustige le procureur spécial Mueller et «son sale boulot» dans l'enquête russe

Trump fustige le procureur spécial Mueller et «son sale boulot» dans l'enquête russe
Capture d'écran Twitter

Dans un tweet incendiaire, le président américain a exhorté son ministre de la Justice à mettre fin à l'enquête sur l'ingérence russe supposée dans la présidentielle de 2016. Et renvoyé le FBI à sa proximité avec la candidate Hillary Clinton.

Après une série de déclarations contradictoires sur la supposée ingérence russe dans les élections aux Etats-Unis, le président américain a mis une nouvelle fois le curseur sur la confrontation ce 1er août. «Jeff Sessions devrait mettre un terme à cette chasse aux sorcières frauduleuse, afin qu'elle n'entache pas plus notre pays» a-t-il tempêté sur Twitter à propos de son ministre de la Justice. Et le président américain de s'en prendre au procureur spécial chargé de l'enquête sur l'ingérence russe : «[Robert] Mueller est totalement en conflit [d'intérêts] et les 17 Démocrates qui font son sale boulot sont une honte pour les Etats-Unis.»

Malgré le peu de résultat, le procureur spécial Robert Mueller, nommé en mai 2017, enquête sur une hypothétique collusion entre Moscou et l'équipe de campagne de Donald Trump en 2016. Bien que donnant des gages en désignant de façon récurrente la Russie comme ennemie, le dirigeant américain fulmine régulièrement contre cette investigation dans le cadre de laquelle quatre membres de son équipe de campagne sont poursuivis pour des délits qui ne sont cependant pas directement liés à une éventuelle collusion.

Un FBI acquis à Hillary Clinton en 2016 ?

Particulièrement remonté face à une affaire qui remonte désormais à deux ans, Donald Trump a également fait référence à l'affaire des e-mails de sa rivale Hillary Clinton et pointé le doigt vers un agent du FBI, Peter Strzok. 

Le ministère de la Justice américain a publié le 14 juin dernier son rapport officiel très attendu sur la conduite par le FBI de l'enquête sur Hillary Clinton et l'utilisation par celle-ci d'un serveur de messagerie privé et non-gouvernemental pour ses communications durant son mandat de secrétaire d'Etat, de 2009 à 2013.

Le rapport de 500 pages conclut notamment à une «culture défavorable à Donald Trump» au sein du FBI. L'inspecteur général Michael Horowitz, en charge du rapport, y retranscrit ainsi des échanges entre deux agents fédéraux, la juriste Lisa Page et l'enquêteur Peter Strzok, par ailleurs amants, tous deux sous la responsabilité de James Comey. «[Donald Trump] ne va jamais devenir président, n'est-ce pas?», demande Lisa Page à Peter Strzok lors de l'une de leurs conversations. Ce à quoi celui-ci répond alors : «Non. Sûrement pas. Nous l'en empêcherons.»

«Ce sont des buts illégaux, inappropriés, visant à influencer l'élection [présidentielle de 2016]. Il n'aurait jamais dû rester au FBI alors qu'il était l'objet d'une enquête», a tweeté Donald Trump ce 1er août.

Donald Trump toujours limité dans son action par l'enquête russe

Sur le dossier de l'ingérence russe supposée, le président américain multiplie les déclarations contradictoires qui dénotent une liberté limitée.

Le 16 juillet, lors de sa première rencontre bilatérale avec Vladimir Poutine à Helsinki, Donald Trump, qualifiant l'enquête russe de «désastre», avait affirmé : «Il n'y a eu aucune collusion. Tout le monde le sait [...]. Nous avons mené une campagne remarquable et c'est la raison pour laquelle je suis président.» Face au tollé suscité par sa rencontre avec Vladimir Poutine, le président américain faisait volte-face dès le lendemain, affirmant se ranger aux conclusions du renseignement américain, pointant la Russie.

Jouant serré, conscient du rapport de force, Donald Trump a toutefois émis le 19 juillet le souhait de rencontrer de nouveau son homologue russe à l'automne 2019. Or, là aussi, le dirigeant américain s'est heurté à l'enquête russe. «Le président pense que la prochaine rencontre bilatérale avec [Vladimir] Poutine devrait avoir lieu une fois que la chasse aux sorcières sur la Russie sera terminée, nous avons donc décidé qu'elle aurait lieu l'année prochaine», a ainsi tempéré le 25 juillet John Bolton, conseiller à la sécurité nationale.

Ce 1er août, de la même manière, la Maison Blanche s'est empressée de préciser la portée des tweets présidentiels. «Ce n'est pas un ordre, c'est l'opinion du président», a décodé la porte-parole Sarah Sanders lors d'une conférence de presse. «Mais il veut également la voir arriver à sa fin», a-t-elle ajouté, en référence à l'enquête. Donald Trump continue de formuler les contraires mais semble garder le cap.

Alexandre Keller

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