Après le sommet Kim-Trump, l'Iran met en garde la Corée du Nord contre les volte-faces de Washington

Après le sommet Kim-Trump, l'Iran met en garde la Corée du Nord contre les volte-faces de Washington
Le porte-parole du gouvernement iranien Mohammed Bagher Nobakht, photo ©ATTA KENARE / AFP

Pour Téhéran, le retrait unilatéral décidé par le président américain de l'accord sur le nucléaire iranien et le reniement d'autres accords ont montré que Donald Trump n'était pas un partenaire fiable. Kim Jong-un doit-il dès lors se méfier ?

Saluée par de nombreux pays, la rencontre entre le président américain Donald Trump et le président de la Corée du Nord Kim Jong-un ce 12 juin à Singapour n'a pas totalement convaincu Téhéran, qui continue d'entretenir des doutes quant à l'attitude de Washington.

Le porte-parole du gouvernement iranien Mohammed Bagher Nobakht a ainsi mis en garde Pyongyang contre l'inconstance, d'après lui, de l'exécutif américain. «Nous ne savons pas avec quel type de personne le leader de la Corée du Nord négocie», a-t-il déclaré, cité par Reuters, parlant de Donald Trump. Et de poursuivre : «Il n'est pas impossible [que le président américain] annule l'accord [conclu entre Washington et Pyongyang le 12 juin] avant même de rentrer chez lui.»

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Le porte-parole faisait ainsi allusion à la récente volte-face du président américain lors de la réunion du G7 au Canada. Donald Trump avait finalement refusé, à la dernière minute, de signer le communiqué final au grand dam des pays européens.

Le gouvernement nord-coréen doit être très vigilant

Ce n'est pas la première fois que Téhéran, observant l'évolution des contacts entre Washington et Pyongyang, met en garde la Corée du Nord. A quelques heures de la rencontre historique entre Donald Trump et Kim Jong-un à Singapour, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Bahram Ghassemi avait fait part de son pessimisme. «Nous ne sommes pas optimistes quant à ces discussions. Les Etat-Unis, et monsieur Trump en particulier, ont saboté des accords internationaux et s'en sont retirés de façon unilatérale», a-t-il déclaré le 11 juin, faisant cette fois référence au retrait de Washington de l'accord sur le nucléaire iranien. «Pour le moment, nous ne pouvons pas être optimistes quant à l'attitude des Etats-Unis et par conséquent le gouvernement nord-coréen doit être très vigilant», a-t-il ajouté.

Les déclarations peu rassurantes de John Bolton

Avant ces mises en garde iraniennes, déjà, des déclarations de John Bolton avaient suscité l'inquiétude de nombreux observateurs. Le 29 avril dernier, le conseiller à la Sécurité nationale des Etats-Unis avait ainsi donné la Libye comme modèle à suivre en matière de désarmement de la Corée du Nord. «Nous pensons au modèle libyen de 2003, 2004», avait-il déclaré à l'antenne de Fox News.

En 2003, le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi s'était en effet plié aux exigences des Etats-Unis. Après plusieurs mois de négociations secrètes, la Libye acceptait de mettre un terme à son programme d'armement, qu'il soit chimique, biologique ou nucléaire. «Ce qu'a fait la Libye, qui nous a mené à passer outre notre scepticisme, c'est d'autoriser des observateurs américains et britanniques [à pénétrer] dans tous leurs sites nucléaires», avait rappelé John Bolton. En 2011, l'intervention militaire de l'OTAN en Libye, à laquelle participaient les Etats-Unis, aboutissait à la destitution et la mort de Mouammar Kadhafi. Depuis la Libye s'est enfoncée dans le chaos.

Alexandre Keller

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