Deux pilotes français achètent un avion pour voler au secours des migrants en Méditerranée

Deux pilotes français achètent un avion pour voler au secours des migrants en Méditerranée© Andreas Solaro Source: AFP
Un membre de l'ONG maltaise MOAS aide un bébé à embarquer lors d'une opération de sauvetage de 146 migrants le 5 novembre 2016.

Deux pilotes français ont investi leurs économies pour acheter un avion afin de secourir des migrants naufragés au large de la Libye, en soutien des ONG. Basés à Malte, ils commenceront les survols à partir du 4 mai.

Ils sont arrivés à Malte le 1er mai, attendus comme des héros. Deux pilotes professionnels français, Benoît Micolon et José Benavente, ont investi leurs économies, 130 000 euros, dans l'achat d'un avion pour survoler les côtes libyennes afin de sauver des migrants naufragés.

Dès le 4 mai, si les conditions météorologiques le permettent, ils voleront au-dessus de la mer à bord de leur monomoteur, «le Colibri», pour porter secours aux embarcations en détresse. Leur association, «Pilotes volontaires», a publié la nouvelle sur Twitter.

Au sujet des migrants, ils expliquent sur leur site : «Ces femmes, ces enfants et ces hommes ont fui des conditions de vie difficiles, voire inhumaines et souhaitent juste pouvoir vivre dans la dignité, en sécurité et s’offrir un avenir.» «On se sent très solidaires des initiatives de citoyens qui considèrent que la situation de ces migrants est inexplicable ! Il est d’ailleurs dommage qu'ils ne soient pas assez mis en lumière !», a confié à RMC José Benavente, 49 ans, qui a déjà une longue carrière au sein d'associations humanitaires en Afrique au sein notamment d'Action contre la faim. Benoît Micolon est quant à lui un ancien pilote de ligne. 

Les bateaux prêts à leur venir en aide arrivent trop tard

Leur avion, un modèle MCR-4S est capable de parcourir plus de 1 500 kilomètres par jour, ce qui leur permettra d'assurer 20 vols par mois, d'une durée de quatre à huit heures. Ils concentreront leurs efforts sur la zone de 150 kilomètres de long et de 50 kilomètres de large située devant Tripoli où l'on recense le plus de naufrages. Ils souhaitent, selon leur site internet, apporter un «soutien d’observation aérienne aux ONG qui mènent des opérations de sauvetage en mer Méditerranée». Ils insistent sur l'apport très utile de l'avion dans ce type d'opération : «Le repérage de ces petites embarcations, transportant parfois des centaines de personnes, est très difficile et, parfois, les bateaux prêts à leur venir en aide arrivent trop tard.»

Les deux hommes, qui ont fait connaissance à l'école de pilotage en 2006, font appel aux dons sur leur site internet. «Nos réserves financières personnelles sont limitées et nous allons avoir besoin d'aide supplémentaire», explique José Benavente dans une vidéo.  

Il y a un an, une dizaine de navires affrétés par des ONG patrouillaient au large de la Libye et effectuaient 46% des secours, selon les gardes-côtes italiens. Désormais, ces navires ne sont plus que deux, les autres ONG ayant suspendu leurs opérations en raison des menaces libyennes, de la baisse des départs ou de la saisie de leur bateau. En Italie, l'ONG espagnole de secours aux migrants en mer Proactiva Open Arms, a vu son navire Open Arms, qui a secouru plus de 5 000 personnes, placé sous séquestre le 19 mars 2018. 

A la suite d'accords controversés conclus par Rome avec les autorités et des milices libyennes, les débarquements ont baissé de plus de 60% depuis l'été 2017. Depuis le début de l'année 2018, les autorités ont recensé 6 100 arrivées. Mais dans le même temps, plus de 370 migrants sont morts dans cette zone, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

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