Pour le prince héritier saoudien Mohamed ben Salmane, le guide suprême iranien est pire qu'Hitler

Pour le prince héritier saoudien Mohamed ben Salmane, le guide suprême iranien est pire qu'Hitler© Amir Levy Source: Reuters
Le prince héritier saoudien Mohamed ben Salmane au siège des Nations unies à New York le 27 mars 2018.

Dans une interview au magazine américain The Atlantic le 2 avril, le prince héritier saoudien Mohamed ben Salmane a confié qu'Ali Khamenei était pire qu'Hitler et que l'Arabie saoudite «essayait d'aider le peuple yéménite».

Le prince héritier saoudien Mohamed ben Salmane (dit «MBS»), en offensive de charme aux Etats-Unis depuis la fin mars, a répondu le 2 avril aux questions de Jeffrey Goldberg, le spécialiste de politique étrangère du magazine américain The Atlantic.

Hitler n'a pas fait ce que le guide suprême essaie de faire

Fidèle à sa doxa en relations internationales vilipendant l'Iran, Mohamed Ben Salmane n'a pas hésité à qualifier le guide suprême iranien Ali Khamenei d'homme pire qu'Hitler. «A côté de lui [Ali Khamenei], Hitler fait bonne impression», a-t-il ainsi estimé, poursuivant : «Hitler n'a pas fait ce que le guide suprême essaie de faire. Hitler a essayé de conquérir l'Europe. [Ali Khamenei] essaie de conquérir le monde.»

Reprenant la même doctrine que David Frum, ancien rédacteur de discours de l'ancien président George W. Bush, MBS a décrit les ennemis de son royaume comme le «triangle du mal», en se référant à l'Iran, aux Frères musulmans et à des groupes terroristes sunnites comme al-Qaïda et l'Etat islamique.

Concernant Israël, MBS «n'a pas eu un mauvais mot à dire», explique l'auteur de l'entretien, Jeffrey Goldberg. A la question de savoir si le peuple juif avait droit à un Etat-nation dans au moins une partie de l'état actuel d'Israël, le prince héritier a répondu : «Je crois que chaque peuple, n'importe où, a le droit de vivre dans sa nation pacifique. Je crois que les Palestiniens et les Israéliens ont le droit d'avoir leur propre terre.»

«L'Arabie saoudite essaie d'aider le peuple du Yémen»

Bien que l'interview ait eu lieu avant la répression sanglante des autorités israéliennes qui a fait au moins 17 morts palestiniens le 30 mars, Jeffrey Goldberg a estimé que l'incident n'aurait pas changé l'état d'esprit du prince héritier.

«Ma rencontre avec le prince Mohamed a eu lieu avant les récentes et meurtrières violences à la frontière entre Gaza et Israël, mais je ne crois pas que le prince héritier aurait modéré ses opinions à la lumière de ces événements», écrit ainsi Goldberg. «Les Saoudiens, comme beaucoup de dirigeants arabes, se sont lassés des Palestiniens», juge-t-il.

Concernant l'intervention militaire dirigée par l'Arabie saoudite au Yémen depuis mars 2015, qui a fait plus de 10 000 victimes civiles, Mohamed ben Salmane a estimé que «l'Arabie saoudite [essayait] d'aider le peuple du Yémen».

Le prince héritier a également été interrogé sur la liberté d'expression dans son royaume. Il confie qu'il y a trois lignes à ne pas franchir en Arabie saoudite : ne pas diffamer l'islam, ne pas viser une personne lorsque l'on veut critiquer une institution, «en raison de la culture saoudienne», et «tout ce qui touche à la sécurité nationale».

«Mais, cela excepté, les gens ont la liberté de faire ce qu'ils veulent» en Arabie saoudite, a-t-il ajouté. Jeffrey Goldberg n'a pas souhaité questionner le dirigeant saoudien sur la corruption dans son royaume. «En partie parce que c'est un concept difficile à définir dans un pays où l'expropriation de la richesse nationale est une caractéristique déterminante des monarchies absolues», explique-t-il ainsi. Mohamed ben Salmane a en tout cas à cœur de défendre ce régime politique : «Si la monarchie absolue n'existait pas, vous n'auriez pas les Etats-Unis», a-t-il fait remarquer, dans une référence au soutien de la France Louis XVI à l'indépendance américaine.

Le dirigeant saoudien est en visite officielle aux Etats-Unis depuis le 19 mars. A la clé, notamment, la signature de nombreux contrats d'armement avec l'actuel locataire de la Maison Blanche.

Lire aussi : Le prince héritier saoudien envisage une guerre d'ici 10-15 ans avec l'Iran

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