«Si tu prononces un mot en kabyle, je te tue !» : une députée enflamme la toile algérienne

«Si tu prononces un mot en kabyle, je te tue !» : une députée enflamme la toile algérienne© RYAD KRAMDI Source: AFP
Des kabyles défilent en tenue traditionnelle lors du Nouvel An berbère.
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Naïma Salhi, députée algérienne d’un parti islamiste, s’en est violemment pris à la langue berbère (Tamazight) dans une vidéo publiée sur sa page Facebook. Un dérapage qui a suscité une vague d’indignation chez les internautes algériens.

Dans une vidéo publiée le 5 février sur son compte Facebook, la députée algérienne Naïma Salhi, membre du Parti de l'équité et de la proclamation, d’obédience islamiste, s’en prend violemment à la langue berbère (tamazight) et à ses locuteurs. «Une langue qui n’en est pas une, qui n’est pas porteuse de sciences et qu’on ne comprend pas à l’extérieur ne va pas nous servir», s'emporte-t-elle en préambule de ce qui s’apparente à un véritable réquisitoire. «Qu'est-ce qu'on va en faire ?», s'interroge-t-elle.

Qualifiant le tamazight de «langue morte», dépourvu de «mots et de sens», elle confie même avoir menacé sa fille de mort si celle-ci était amenée à prononcer un mot dans cette langue.

Si tu prononces un mot en kabyle, je te tue !

«Ma petite fille est dans une école privée où la majorité des élèves sont kabyles. Elle s’est comportée avec innocence et a commencé à apprendre. Je ne me suis pas opposée. Puisque c’est devenu une obligation d’apprendre, je lui ai dit : si je t’entends prononcer un mot en kabyle, je te tue. Je vais t’éduquer !», affirme-t-elle sans complexe en haussant la ton.

Ce n’est pas la première fois qu’un responsable politique issu de la mouvance islamique s’attaque à la culture berbère, pourtant reconnue constitutionnellement, au côté de l'arabité, comme étant une composante fondamentale de l'identité du pays.

Au lendemain du Nouvel An berbère, célébré chaque année le 12 janvier, le président du parti du Front de la justice et du développement, Abdallah Djaballah, avait déclaré que cette date du calendrier berbère était une fête païenne et qu'elle rentrait en contraction avec le modèle culturel algérien. 

Lire aussi : Algérie : la question berbère

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