«Pour un tango, il faut être deux» : Sergueï Lavrov commente les relations avec les Etats-Unis

«Pour un tango, il faut être deux» : Sergueï Lavrov commente les relations avec les Etats-Unis
Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et son homologue américain, Rex Tillerson en mai 2017, photo ©Yuri Gripas/Reuters

Depuis la décision fin 2016 de Barack Obama d'expulser 35 diplomates russes, le bras de fer se poursuit entre Moscou et Washington. Alors que Donald Trump semble incapable d'inverser la ligne de son prédécesseur, Moscou durcit le ton.

«Pour un tango, il faut être deux, et notre partenaire est sans cesse lancé dans un break-dance en solo», a ironisé ce 1er septembre 2017 le ministre russe des Affaires étrangères. Sergueï Lavrov commentait le dernier épisode en date de la guerre diplomatique qui oppose la Russie aux Etats-Unis. Le 31 août, Washington annonçait à Moscou que deux bâtiments diplomatiques dans la capitale des Etats-Unis et à New York, ainsi que son consulat à San Francisco devaient être évacués et fermés avant le 2 septembre.

Mais Sergueï Lavrov ne s'est pas contenté de métaphores chorégraphiques. «Nous répondrons de façon dure aux démarches qui nous causent préjudice et qui ne sont dictées que par la volonté de gâcher nos relations avec les Etats-Unis», a-t-il en prévenu, après plus de huit mois de vexations et de représailles diplomatiques.

Huit mois de bras de fer diplomatique

Cette escalade diplomatique a en effet débuté après la défaite d'Hillary Clinton à la présidentielle américaine en novembre 2016. Fort des suppositions accusatoires du renseignement américain, Barack Obama décidait le 29 décembre de la même année d'expulser 35 diplomates russes, ainsi que leur famille, soit 98 personnes au total, prenant pour justification la supposée ingérence russe dans le processus électoral américain. Washington avait en outre, à cette occasion, confisqué deux bâtiments diplomatiques russes, l'un à New York l'autre dans l'Etat du Maryland.

Vladimir Poutine avait alors choisi de ne pas répondre de manière symétrique, comme il est d'usage dans les relations diplomatiques, en expulsant des diplomates américains de Russie. «Nous sommes en droit de répondre, mais nous ne nous abaisserons pas à un tel niveau de diplomatie de "cuisine"», avait alors déclaré le président russe.

Moscou a par la suite temporisé, comptant sur l'arrivée au pouvoir d'un Donald Trump plus conciliant envers la Russie. Ce dernier avait à de nombreuses reprises, durant la campagne électorale de 2016, fait savoir son intention de normaliser les relations entre la Russie et les Etats-Unis. Fin juillet 2017, toutefois, répondant à distance aux expulsions de décembre 2016, mais aussi aux dernières sanctions votées par la Chambre des représentants et le Sénat américains contre la Russie, Moscou décidait d'expulser quelque 755 membres du personnel diplomatique américain, leur laissant jusqu'au 1er septembre pour quitter le pays.

Avant dernier épisode en date d'une longue série qui semble destinée à entraver toute amélioration des relations entre les deux pays, les Etats-Unis ont suspendu plusieurs jours l'octroi de visas aux citoyens russes, à l'exception des candidats à l'immigration.

Donald Trump, «pieds et poings liés» ?

«Toute cette histoire [d'ingérence russe] a été lancée par l'administration Obama pour nuire aux relations russo-américaines et ne pas permettre à Trump de les faire sortir de l'ornière», a encore estimé Sergueï Lavrov. Le chef de la diplomatie a souligné que le Congrès et l'establishment américain, dont le plan aurait été de faire élire Hillary Clinton, tentaient de «lier les pieds et les poings» de l'administration Trump.

Bénéficiant de l'appui de nombreux médias, les adversaires de Donald Trump auraient tiré profit d'une soi-disant ingérence russe pour paralyser l'action du président américain. «Il n'y a pas un seul fait [attestant ses accusations]», a encore déploré Sergueï Lavrov.

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