Attentats de Catalogne : trois assaillants identifiés, une cellule terroriste mise au jour

- Avec AFP

Attentats de Catalogne : trois assaillants identifiés, une cellule terroriste mise au jour
La police sur les lieux de l'attentat de Cambrils, en Espagne, photo ©Reuters

Au surlendemain des attaques qui ont fait 14 morts et une centaine de blessés en Espagne, les enquêteurs commencent à relier certains éléments. Revendication de Daesh, arrestations, cellule terroriste : voici ce que l'on sait au matin du 19 août.

L'enquête sur les deux attentats qui ont fait 14 morts en Catalogne entre le 17 et le 18 août progresse à grands pas dans une Espagne en deuil. Quatre suspects ont été arrêtés, cinq terroristes présumés tués et au moins trois individus étaient recherchés après que deux véhicules ont foncé dans la foule à Barcelone et Cambrils, en Catalogne, dans le nord-est de l'Espagne, faisant 14 morts et près de 120 blessés. Selon les autorités, une douzaine de personnes pourraient être impliquées dans ces attentats.

Les faits

A Barcelone le 17 août 2017 à 16h50, une camionnette blanche descend à toute allure – entre 80 et 100 km/h selon des témoins – l'allée centrale des Ramblas, dans le cœur touristique de la capitale catalane. Le véhicule fauche les passants par dizaines, faisant au moins 13 morts et une centaine de blessés.

Dix-sept victimes étaient encore entre la vie et la mort au matin du 19 août, tandis que 28 se trouvaient dans un état grave. Dans l'après-midi du 18 août, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian évoquait 28 Français blessés dont 8 dans un état grave.

Environ huit heures après l'attaque à la fourgonnette bélier sur l'avenue de Las Ramblas le 17 août, juste après minuit, une Audi A3 fonce sur la promenade du bord de mer de la station balnéaire de Cambrils, à 120 kilomètres au sud de Barcelone, blessant cinq civils, ainsi qu'un policier. L'un de ces civils, une femme de nationalité espagnole, a succombé à ses blessures.

L'Audi percute une voiture de la police catalane, les Mossos d'Esquadra. Une fusillade éclate alors au cours de laquelle la police abat les cinq occupants de l'Audi, les terroristes présumés portant de fausses ceintures d'explosifs. Une hache et des couteaux se trouvaient également dans la voiture, avec lesquels ils ont blessé une personne au visage avant d'être abattus.

La police est par ailleurs à la recherche d'un véhicule de type Renault Kangoo blanc qui pourrait avoir passé la frontière franco-espagnole après les attentats. Les autorités espagnoles ont transmis le signalement à leurs homologues français.

Selon les autorités espagnoles toujours, les auteurs des attentats de Catalogne préparaient «une attaque de plus grande envergure».

Arrestations et découverte d'une cellule terroriste

Une douzaine de personnes pourraient être impliquées dans les attentats de Barcelone et Cambrils, selon la police catalane. Trois ont été identifiées mais n'ont pas été interpellées, quatre ont été arrêtées.

Cinq individus ont été tués à Cambrils, dont trois sont désormais identifiés. Il s'agit de trois jeunes Marocains : Moussa Oukabir, Saïd Aallaa et Mohamed Hychami, respectivement âgés de 17, 18 et 24 ans, tous habitants d'une localité du nord de la région, Ripoll.

Trois des quatre suspects arrêtés l'ont également été à Ripoll, dont Driss Oukabir, le frère de Moussa Oukabir abattu à Cambrils. Un Espagnol, dont l'identité n'a pas été révélée, né à Melilla (enclave espagnole au Maroc), a, lui, été arrêté à Alcanar, à 200 kilomètres au sud de Barcelone, où une explosion s'est produite dans la soirée du 16 août dans une maison dont les occupants préparaient des engins explosifs, selon la police.

Il y a dans cette maison «des restes humains de deux personnes différentes», a confié le porte-parole de la police catalane, qui cherche à savoir si ces deux corps correspondent à deux des trois personnes recherchées.

Selon la police catalane, le principal suspect recherché dans l'attentat de Barcelone – le conducteur de la camionnette ayant fauché des dizaines de piétons – pourrait se trouver parmi les assaillants abattus à Cambrils. Aucune des personnes identifiées n'était toutefois précédemment connue pour des faits de terrorisme antérieurs.

Revendication de Daesh

Le groupe djihadiste Etat islamique a revendiqué dès le soir du 17 août l'attentat de Barcelone, «[en] réponse aux appels à cibler les Etats de la coalition [occidentale en Syrie et en Irak]».

Le deuxième attentat de Cambrils, à 120 kilomètres au sud de Barcelone, n'a en revanche pas été revendiqué. Mais la police estime que les auteurs des deux attentats formaient un groupe et préparaient une «attaque de plus grande envergure». L'enquête laisse entrevoir l'existence d'un groupe de personnes, ayant agi en Catalogne à Ripoll, au nord de Barcelone, et Alcanar au sud, notamment.

Il s'agit du premier attentat revendiqué par Daesh en Espagne, alors que le pays avait été touché en mars 2004 par le pire attentat islamiste en Europe. Des bombes avaient explosé dans des trains à Madrid faisant 191 morts, une attaque revendiquée par un groupe de la mouvance Al-Qaïda.

Lire aussi : Barcelone avertie par la CIA d'un «possible attentat» il y a deux mois

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