A Mossoul, des soldats irakiens emploient la torture contre des prisonniers (IMAGES CHOQUANTES)

A Mossoul, des soldats irakiens emploient la torture contre des prisonniers (IMAGES CHOQUANTES)© Ali Arkady/VII/Redux
Scène de torture à Mossoul

Preuves à l'appui, un photographe a révélé que des soldats irakiens torturaient des prisonniers soupçonnés d'avoir des liens avec Daesh à Mossoul. La ville est le théâtre d'une bataille acharnée entre l'armée et les terroristes.

Publiées en mai et en juin par les magazines Der Spiegel et Télérama, et diffusées sur la chaîne américaine ABC et sur RT, les images du photographe indépendant Ali Arkady ont fait le tour du monde, révélant certaines pratiques de l'armée irakienne : intimidations, viols, actes de tortures contre des prisonniers soupçonnés de liens avec Daesh. 

Ces méthodes, d'une grande brutalité, peuvent être comparées à certains égards aux pratiques employées par les djihadistes de l'Etat islamique. Selon le photographe irakien, ces actes ne sont ni plus ni moins que des «crimes de guerre».

Attention ces images peuvent heurter la sensibilité d'un public non averti.

Auteur: RT France

Exfiltré d'Irak en janvier dernier, Ali Arkady avait passé plusieurs semaines, fin 2016, auprès de soldats irakiens de la division Emergency Response Division (Force d'intervention rapide) pour couvrir la bataille de Mossoul. Après avoir gagné la confiance de certains militaires, il avait notamment été autorisé à assister à certaines séances musclées «d'interrogatoire» visant à obtenir par la force des aveux de la part de prisonniers de guerre.

© Ali Arkady/VII/Redux
Scène de torture à Mossoul

Le photographe irakien avait par exemple été en mesure de photographier la torture d'un homme dont les fils étaient soupçonnés de proximité avec Daesh.

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Scène de torture à Mossoul

La technique de torture employée par les soldats irakiens et révélée par Ali Arkady s'appelle le strappado. Des images terribles montrent le détenu ligoté et suspendu au plafond par les bras, les yeux bandés. Des officiers se tiennent à ses côté et ajoutent des poids sur son dos pour intensifier sa douleur et son agonie.

© Ali Arkady/VII/Redux
Scène de torture à Mossoul

Ali Arkady a finalement fui l'Irak, emportant de manière clandestine les clichés des tortures et des violences pratiquées à l'encontre de certains prisonniers. Comme l'a rappelé le journaliste de RT, Mourad Gazdiev, «les séquences vidéos jugées indésirables» sont en effet susceptibles d'êtres confisquées et les journalistes peuvent être «menacés de bannissement en cas de couverture médiatique négative».

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Scène de torture à Mossoul

«Il y a un containment de l'information. L'une des plus grandes et plus meurtrières batailles du XXIe siècle est à l'heure actuelle l'une des plus censurées», a expliqué Mourad Gazdiev, rappelant que tous les journalistes présents à Mossoul étaient chaperonnés par les médias irakiens officiels.

Bagdad et Washington ignorent-ils ce qu'il se passe à Mossoul ?

Après la publication de ces révélations, le ministère irakien de l'Intérieur a diligenté une enquête dont l’impartialité a d'ores et déjà été mise en cause. Par ailleurs, la Force d'intervention rapide a réfuté les révélations d'Ali Arakdy et a déclaré que ses photographies avaient été fabriquées. 

«Les autorités devraient immédiatement [...] établir une enquête indépendante, approfondie et impartiale sur [ces] violations [...] afin que les résultats soient rendus publics et afin de traduire les responsables devant la justice, conformément aux normes internationales», a par exemple déclaré l'ONG Centre du Golfe pour les droits de l'homme dans un communiqué reçu par RT.

Les civils ne devraient pas être pris pour cible en temps de guerre, a souligné l'ONG, ajoutant que les conventions internationales qui protègent les prisonniers de guerre devraient être respectées.

Selon Human Rights Watch (HRW), le scandale pourrait également éclabousser les Etats-Unis et la coalition anti-Daesh dirigée par Washington. 

«Les Etats-Unis et d'autres membres de la coalition anti-Daesh risquent d'être complices des exactions [commises en] Irak au regard de leur participation à des opérations militaires aux côtés des forces de sécurité [irakiennes]», a déclaré HRW.

L'ONG a par ailleurs rappelé que les photographies et le témoignage d'Ali Arkady n'étaient pas les seules preuves attestant d'exactions perpétrées par les forces irakiennes dans la bataille menée contre Daesh à Mossoul.

Le précédent Abu Ghraib 

Pour certaines ONG consacrées à la défense des droits de l'homme, les photographies d'Ali Arkady évoquent le mauvais souvenir des exactions et tortures commises dans la prison d'Abu Ghraib, en Irak, par des soldats américains entre 2003 et 2004.

Auteur: RT France

«Nous avons déjà vu ce genre de tortures par le passé. Il y a une similarité avec Abu Ghraib», a déclaré à RT Mohamed Serkal, coordinateur pour les Nations unies de l'ONG SALAM pour la démocratie et les droits de l'homme. «N'importe quel humain devrait être traité comme un être humain, peu importe qu'il soit un terroriste ou un criminel. Il doit avoir l'opportunité de s'exprimer à propos des crimes qu'il a commis», a-t-il ajouté.

«Franchement, il n'y a même pas le prétexte ici d'une torture à des fins d'obtention de renseignements», a pour sa part réagi Sarah Leah Whitson, directrice de l'organisation Human Rights Watch au Moyen-Orient. «C'est juste de la torture pour s'amuser», a-t-elle déclaré après la publication par la chaîne américaine ABC des séquences-vidéos témoignant de ces actes de torture.

Lire aussi : Le Pentagone évoque une gigantesque bavure de la coalition dans sa campagne contre Daesh

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