Drame des migrants : la gardienne de l'équipe de football féminine de Gambie figure parmi les noyés

Drame des migrants : la gardienne de l'équipe de football féminine de Gambie figure parmi les noyés© Capture d'écran Vanguardngr.com

L'ancienne gardienne de but de l'équipe gambienne de football féminin des moins de 17 ans s'est noyée en tentant de traverser la Méditerranée, pour rejoindre l'Europe, a annoncé sa sélectionneuse nationale.

Elle s'appellait Fatim Jawara, elle avait 19 ans, était une gardienne brillante et a perdu la vie dans un bateau qui a coulé entre la Libye et l'Europe en septembre dernier en mer Méditerranée.

La jeune fille s'était de nombreuses fois distinguée par ses qualités sur le terrain lorsqu'elle évoluait dans la catégorie des moins de 17 ans.

C'est la sélectionneuse adjointe de l'équipe nationale de football féminin de Gambie, Chorro Mbenga, qui a signalé la disparition, évoquant la mort prématurée d'une jeune fille dont «les performances sur le terrain» ne seront pas oubliées.

le président de la Fédération gambienne de football, Lamin Kabba, a également fait part de son émotion à l'annonce de la mort de la gardienne des Scorpions, surnom donné à l'équipe féminine de football gambienne.

«Nous sommes désespérés. C'est une grosse perte pour l'équipe nationale et le pays», a-t-il déclaré, ajoutant que le sport gambien «se souviendra du tir de penalty arrêté lors d'une rencontre amicale opposant l'équipe nationale et de jeunes Ecossaises de Glasgow», et où la jeune fille avait grandement fait ses preuves.

Fatim Jawara aurait quitté la Gambie en septembre 2016 pour traverser le désert du Sahara et arriver en Libye, d'où elle comptait, comme beaucoup de migrants d'Afrique noire, se rendre sur le continent européen.

Selon l'Organisation internationale des migrations (OIM), les Gambiens occupent la quatrième place dans les arrivées en Italie, et ce malgré la faible population de ce pays (environ 1,8 million d'habitants), l'un des plus petits d'Afrique.

Le ministre gambien de l'Information, Sheriff Bojang, avait la semaine dernière notamment justifié le retrait de son pays de la Cour pénale internationale (CPI) par «les meurtres massifs de jeunes migrants africains dans les eaux et sur les plages européennes».

Il avait évoqué une défaillance des Etats européens dans la protection des migrants et critiqué la CPI pour n'avoir pas poursuivi les dirigeants pour cause de ce «génocide».

Pourtant en mai 2015, le président gambien Yahya Jammeh avait dénoncé le comportement des familles de migrants qui envoient leurs enfants tenter la dangereuse traversée de la Méditerranée pour atteindre l'Europe. Malgré cela, les Gambiens ont continué à tenter de rejoindre l'Europe, attirés par la perspective d'une vie meilleure.

Car en Gambie, 60% de la population vit dans «une pauvreté multiforme» dont le tiers avec moins de 1,25 dollars par jour (1,10 euros), selon un rapport de l'ONU sur le développement humain publié en 2013.

Depuis le début de l'année 2016, plus de 3 300 personnes sont mortes en Méditerranée en tentant de rejoindre l'Europe, selon l'OIM.

Lire aussi : Paris tente de convaincre l'Afrique du Sud, la Gambie et le Burundi de ne pas quitter la CPI

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