En conflit avec Benjamin Netanyahou, le ministre israélien de la Défense démissionne

Moshé Yaalon Source: Reuters
Moshé Yaalon

Le ministre israélien de la Défense Moshé Yaalon a annoncé vendredi 20 mai qu'il quittait le gouvernement de Benjamin Netanyahou et le monde politique, invoquant son manque de confiance envers le Premier ministre.

«J'ai dit au Premier ministre ce [vendredi] matin qu'au regard de son comportement au cours des derniers évènements et de mon manque de confiance en lui, je démissionnais du gouvernement et du Parlement, et que je prenais mes distances avec la vie politique», a-t-il fait savoir sur sa compte Twitter après que le Premier ministre eut offert le portefeuille de la Défense à l'ultranationaliste Avigdor Lieberman.

Ce dernier a exercé les fonctions du ministre des Affaires étrangères israélien de 2009 à 2012 et de 2013 à 2015. Il préside actuellement le parti d’extrême droite Israel Beytenou, considéré comme ultranationaliste et est connu pour ses propos controversés. Par exemple, Lieberman a pu vouloir «couper les têtes» des Israéliens arabes non «fidèles» à Israël, bombarder le barrage d'Assouan en l'Egypte, et offrir des villes israéliennes comprenant de vastes populations arabes au futur état palestinien en échange de colonies israéliennes en Cisjordanie, qui deviendraient ensuite une partie de l'état juif.

Les spéculations sur son nouveau rôle dans le cabinet de Benjamin Netanyahou vont bon train après les consultations entre Lieberman et le Premier ministre israélien mercredi 17 mai. Le dirigeant israélien, leader du Likoud, vise à asseoir la position, aujourd’hui vacillante, de sa coalition.

Inquiétudes autour du nouveau candidat

La nomination éventuelle d'Avigdor Lieberman, qui devrait faire l’objet d’une décision dans les jours à venir, a suscité de vives critiques de la part de l’opposition israélienne et d'hommes politiques palestiniens, qui s'attendent à une politique encore plus hostile sous Lieberman qui, lui-même, habite dans les territoires occupés de Cisjordanie.

Isaac Herzog, chef du parti de centre-gauche Union sioniste qui devait entrer dans la coalition avec le  Likoud avant le tournant soudain en faveur d’Avigdor Lieberman, a estimé que si le faucon israélien rejoignait le gouvernement, cela déboucherait sur une politique «à la limite de la folie». Cité par The Guardian, il croit qu'en choisissant une figure si radicale au poste de ministre de la Défense, Israël se préparerait à «se mettre sur la route de la guerre et de funérailles».

Le ministère palestinien des Affaires étrangères a publié un communiqué qualifiant le remaniement du gouvernement de «nouvelle preuve qu’il n’y pas de partenaire de paix en Israël» et considérant Avigdor Lieberman comme «extrémiste», selon Haaretz.

En le désignant au poste de ministre de la Défense, le pays enverrait «un message au monde qu’Israël préfère l’extrémisme, l’occupation et les colonies à l’accord de paix», lit-on dans le communiqué.

Lire aussi : Israël s’oppose à la proposition de la France d’organiser une conférence de paix

L’ancien ministre de la Défense israélien Moshé Arens a souligné dans une interview radio ses doutes quant au fait qu’Avigdor Lieberman serait capable de prendre la place de Moshé Yaalon.

«J’espère qu’il vivra jusqu’à 120 ans mais je ne pense pas que, même s’il y arrivait, il obtiendrait les résultats, la connaissance et l’expérience de Yaalon», a-t-il estimé, cité par Reuters.

La controverse autour de cette nomination a été précédée par une dispute entre le Premier ministre et Moshé Yaalon qui soutenait les poursuites contre Elor Azaria, soldat israélien qui avait abattu un assaillant palestinien blessé déjà immobilisé en mars. Benjamin Netanyahou, lui, a exprimé son soutien à la famille du soldat, actuellement en plein procès pour homicide.

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