Les États-Unis et Israël pourraient envoyer des forces spéciales en Iran pour s'emparer de l'uranium
© Maxar Source: Gettyimages.ruWashington et Tel Aviv envisageraient une intervention ponctuelle d’unités de forces spéciales en Iran, après avoir affaibli la résistance de son armée, et ce, afin de prendre le contrôle de près d’une demi-tonne d’uranium enrichi. Ce plan se heurte cependant à plusieurs défis opérationnels.
Les États-Unis et Israël auraient discuté du recours aux forces spéciales pour « sécuriser » le stock iranien de 450 kilogrammes d’uranium enrichi à 60 % à un stade ultérieur de la guerre, a rapporté le site d’information américain Axios, ce 8 mars, citant quatre sources informées des discussions. L’opération, si elle est décidée, devra se faire par des troupes américaines ou israéliennes au sol qui devront traverser des installations souterraines iraniennes lourdement fortifiées en pleine guerre.
Pour l’heure, on ignore si la mission sera menée par les États-Unis ou par Israël, voire par une force conjointe des deux pays. Mais selon Axios, l’opération n’aurait probablement pas lieu avant qu’Américains et Israéliens n’acquièrent la certitude que l'armée iranienne ne constitue plus une menace sérieuse pour les forces impliquées.
Défis opérationnels
Selon deux sources bien informées, citées par le site d’information américain, ce genre d’intervention avait été présenté au président Trump avant le début du conflit. Un responsable, dont l’identité n’a pas été dévoilée, a fait savoir que l'administration américaine disposait de deux options : soit le retrait total des matériaux nucléaires d'Iran, soit le recours à des experts nucléaires pour les diluer sur place. Une décision qui « reviendrait au président, au département de la Guerre et à la CIA », a-t-il précisé.
Mais avant cela, plusieurs questions se posent : « La première question est : où se trouve-t-il [l'uranium enrichi] ? La deuxième question est : comment y accéder et comment en prendre le contrôle physique ? »
D’un point de vue opérationnel, outre le déploiement d’unités d’opérations spéciales envisagé par l’administration Trump, un responsable américain a indiqué que la mission pourrait probablement impliquer des opérateurs spéciaux et des scientifiques de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
Trump et la « très bonne raison » d’une présence de troupes au sol
Dans ses déclarations aux journalistes faites le 7 mars, à bord de l’avion présidentiel Air Force One, Donald Trump n’a pas exclu la possibilité d’un déploiement de troupes au sol, mais seulement « pour une très bonne raison ». « Si nous faisions cela, [les Iraniens] seraient tellement décimés qu'ils ne seraient plus capables de combattre sur le terrain », a-t-il déclaré.
Interrogé précisément sur la possibilité d'une intervention militaire pour prendre le contrôle des matières nucléaires, Donald Trump n'a pas exclu cette option. « C'est possible, à un moment donné. Nous n'avons pas encore entrepris cette démarche. Nous ne le ferions pas maintenant. Peut-être plus tard », a-t-il confié.