Menacée de destitution, Dilma Roussef va-t-elle bientôt perdre son bras droit ?

Source: AFP

Le 5 avril, un juge du Tribunal suprême fédéral brésilien (STF) a ordonné au président de la Chambre des députés, Eduardo Cunha, d'examiner la demande de destitution du vice-président Michel Temer, la même visant la présidente brésilienne.

Eduardo Cunha, membre du même parti centriste que le vice-président Michel Temer et fervent opposant à Dilma Rousseff, avait décidé le 5 avril de ne pas donner suite à cette demande. Mais dans sa décision susceptible d'appel, le juge du STF a ordonné à Eduardo Cunha de présenter la demande de destitution au Congrès national du Brésil – qui regroupe la Chambre des députés et le Sénat – en vue de la création d'une commission parlementaire spéciale chargée de rendre un premier avis, rapporte l'AFP. 

Michel Temer remplacerait alors l'actuel chef de l’Etat jusqu'à la fin de son mandat qui s'achève en 2018. La demande de destitution déposée contre lui vise notamment les mêmes irrégularités que celles imputées à la présidente. Il lui est reproché d'avoir signé des décrets autorisant des dépenses incompatibles avec les objectifs budgétaires, sans autorisation préalable du Parlement.


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Une affaire judiciaire sur fond de vengeance politique ?

Alors qu'il présentait la défense de Dilma Roussef devant la Commission spéciale sur la destitution, l'avocat général de l'Etat Brésilien, José Eduardo Cardozo, avait accusé Eduardo Cunha d'avoir voulu «se venger» de la présidente. Il avait qualifié ce député ultra-conservateur de «maître chanteur», jugeant que la procédure lancée contre elle était entachée d'un «pêché originel». Le vote des députés sur cette destitution devrait intervenir le 18 avril, a indiqué, le 6 avril, le rapporteur de la commission spéciale. L'opposition aura besoin de deux tiers des votes (342 sur 513) pour que la procédure se poursuive au Sénat, faute de quoi elle sera définitivement enterrée.

Des élections générales anticipées ?

De plus en plus de voix se font entendre au Brésil pour réclamer de nouvelles élections générales afin de mettre un terme à la crise politique actuelle. Cette éventualité peu probable ne pourrait en théorie se concrétiser que si la protégée de l'ex-président Luiz Inacio Lula Da Silva, dit Lula, et Michel Temer perdaient tous deux leur mandat.

L'ancienne candidate malheureuse à la présidence du Brésil, Marina Silva, a prôné de son côté une accélération de l'enquête que mène la justice électorale concernant la campagne de réélection de Dilma Rousseff. La présidente est accusée par ses détracteurs d'avoir bénéficié de fonds venant du réseau de corruption de la compagnie pétrolière publique Petrobras. «S'il est prouvé que l'argent de la corruption a altéré la volonté souveraine de la société brésilienne lors des élections, la sortie, la voie est une nouvelle élection», a déclaré la militante écologiste lors d'une conférence de presse. Le Tribunal supérieur électoral (TSE) «éliminerait le ticket (Rousseff-Temer) et convoquerait une nouvelle élection, sur la base des élections municipales (d'octobre prochain) qui est déjà prête et ne coûtera pas un centime de plus aux coffres publics. C'est une issue concrète», a-t-elle ajouté.

L'ex-président Lula sur le banc des accusés

L'ancien président du Brésil Fernando Henrique Cardoso a récemment affirmé au magazine français l'Express que la paralysie qui touche actuellement le Brésil était en partie due au laxisme de son successeur dans la lutte contre la corruption. 

Pour autant ce dernier, éclaboussé dans l'affaire Petrobas, a annoncé le 2 avril qu'il espérait faire partie de l'équipe gouvernementale. En attendant, il doit attendre l'autorisation du Tribunal suprême fédéral (STF) qui doit se prononcer le 14 avril.

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