Elections américaines : Trump et Sanders vont-ils faire mentir les prédictions ?

Source: Reuters

Les primaires tant attendues de l'Iowa commencent enfin aux Etats-Unis. Célèbres car elles donnent souvent la tendance des élections, elles pourraient cette fois en prime voir triompher les deux outsiders que personne ne prenait vraiment au sérieux.

L'Iowa, ce petit Etat de trois millions d'habitants du nord des Etats-Unis, ouvre officiellement le bal des courses aux investitures démocrate et républicaine pour l’élection présidentielle américaine du 8 novembre. L'objectif : permettre aux électeurs de désigner leurs délégués démocrates et républicains pour les conventions d’investiture qui auront lieu en juillet. C'est à ce moment que les délégués éliront à leur tour leur candidat. 

Mais cette fois, ce suffrage indirect qui permet à chaque américain de désigner dans son Etat les candidats des partis pourrait bien réserver des surprises. 

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Malgré la population relativement faible de l'Iowa, ce vote est crucial : statistiquement, depuis 1972, le vote de cet Etat permet de prédire avec 43% de chances quel est le candidat démocrate qui l'emportera, un pourcentage qui atteint 50% pour les républicains. 

Hillary Clinton et Bernie Sanders pour les démocrates, Donald Trump et Ted Cruz chez les républicains, se battent donc pour obtenir la première place du podium. Bernie Sanders pourrait revendiquer une victoire relative : à son entrée en campagne en avril, il recueillait ici moins de 10% des intentions de vote. Il est désormais crédité de 49% contre 46% pour Hillary Clinton, selon un sondage de l'institut Quinnipiac.

Finis la tiédeur et l'espoir mis en avant en 2012 et place à la politique de la rage : côté républicain, l'excentrique milliardaire Donald Trump recueille 28% des intentions de vote, face au très conservateur sénateur Ted Cruz, qui le suit de près avec le soutien de 23% des électeurs républicains. 

Ces sondages, qui mettent coude à coude les vieux loups de la politique américaine avec un type d'outsiders, révèlent l'éxaspération des électeurs, prêts à tout pour provoquer le changement. Comme le rappelle Libération, qui aurait parié il y a un an que Donald Trump se présenterait le 1er février devant les électeurs de l’Iowa avec le statut de favori ? Qui d'autre aurait imaginé que Bernie Sanders, socialiste assumé dans un pays où ce mot demeure pour beaucoup une insulte, ferait jeu égal avec Hillary Clinton ? s'interroge encore le quotidien. 

Diamétralement opposés, les deux hommes incarnent toutefois le même rejet des élites politiques : Sanders s’en prend à la cupidité de Wall Street et prône l’éducation gratuite, la généralisation du congé maternité et la hausse du salaire minimum. Trump, lui, adopte un discours populiste et nationaliste proche de celui de l’extrême droite européenne. Ses cibles favorites : les immigrés illégaux mexicains et les musulmans, à qui il veut interdire l’accès au territoire américain.

Comme l'évoque le site d'information McClatchy, les principales motivations des électeurs étant la colère et la révolte, aucune surprise n'est à exclure : face à l'éxaspération des électeurs, leur manque d'expérience politique devient un atout, un gage de fraîcheur et de nouveauté. 

Et ces votes pourraient bien donner de sérieuses indications sur le résultat final : côté démocrate, Jimmy Carter et Barack Obama, alors peu connus, avaient su tirer profit de leurs victoires dans l’Iowa, en 1976 et en 2008, pour s’installer comme des prétendants crédibles dans la course à l’investiture, avant de remporter finalement l’élection présidentielle rappelle Le Monde.

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