L’employé des Nations Unies qui avait divulgué les cas de viols d’enfants en Centrafrique blanchi

Anders Kompass© AFP Source: AFP
Anders Kompass

Anders Kompass avait été suspendu de ses fonctions pour avoir donné à la justice un rapport interne faisant état de viols d’enfants en Centrafrique par des Casques Bleus. Aujourd’hui il est complètement blanchi à l’issue d’une enquête interne.

L’affaire avait été révélée par The Guardian en avril dernier. Le journal avait relayé une information selon laquelle Anders Kompass, le directeur des opérations au Haut Commissariat aux droits de l’Homme à Genève, avait été suspendu de son poste après avoir transmis ce rapport aux procureurs français «en raison de l’inaction de l’ONU sur ce dossier». Il a été rétabli à son poste en mai, mais faisait toujours l'objet d’une enquête interne et risquait le licenciement. En effet, suite à la polémique le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, avait finalement été contraint d'ordonner une enquête externe sur le traitement de l'affaire par ses services.

L’ONU a condamné à plusieurs reprises l'action d'Anders Kompass, insistant sur le fait qu'il avait violé les protocoles en partageant un document interne secret. Depuis neuf mois, il faisait l'objet d'une enquête disciplinaire, mais il a été informé dans une lettre, il y a quelques jours, que l'enquête interne, diligentée par le Bureau du contrôle interne (BSCI) , l’avait lavé de toutes les accusations.

Le rapport du BSCI a blâmé «l’échec institutionnel» de l'ONU dans son inaction sur les allégations d'abus sexuels sur des enfants en Centrafrique. Parlant pour la première fois au sujet de son épreuve, Kompass a déclaré au Guardian : «Je me sens soulagé et un peu de triste [...] Il est important pour les autres membres du personnel de voir que je suis relaxé. C'est pourquoi je me devais d'aller jusqu'au bout, pour donner un exemple au personnel - en particulier le personnel plus jeune - parce que sinon le message était: «Si vous essayez de faire quelque chose de semblable à ce que Anders a fait, il y aura des conséquences».

Les responsables français l'ont remercié pour ce qu'il avait fait, alors même que ses employeurs ont poursuivi leur enquête contre lui.

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Le rapport en question fait état des témoignages de six enfants de 9 à 13 ans, qui dénoncent des abus sexuels qu'auraient commis sur eux des militaires français de l'opération Sangaris, dans le camp de l'aéroport M'Poko à Bangui, entre fin 2013 et mai-juin 2014. Quatorze militaires français ont été mis en cause, dont trois identifiés par les témoignages de six enfants, qui ont notamment parlé de «fellations». Des soldats originaires du Tchad et de Guinée équatoriale seraient également impliqués.

Les accusations de viols en Centrafrique se multiplient. La justice française a également ouvert une enquête préliminaire concernant le viol d’une jeune centrafricaine par un soldat français. 

Au total, 22 cas d’abus ou d’exploitation sexuelle ont été imputés à des soldats de la mission de l’ONU en Centrafrique au cours des 14 derniers mois.

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