La répression grandit en Turquie : un maire condamné à 15 ans de prison pour appartenance au PKK

Alors que les heurts se poursuivent en Turquie, la répression fait rage contre les responsables du PKK Source: Reuters
Alors que les heurts se poursuivent en Turquie, la répression fait rage contre les responsables du PKK

Alors que 16 élus pro-kurdes de Turquie ont d'ores et déjà été emprisonnés, le maire d'une ville vient d'être condamné à 15 ans de prison pour appartenance présumée au PKK. Le tout alors que les combats se poursuivent.

Alors que de violents affrontements ont toujours lieu en Turquie entre l’armée et les rebelles kurdes, la justice kurde continue à s’en prendre aux membres du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Le maire de Van, une ville à majorité kurde, a ainsi été condamné lundi à quinze ans de prison pour appartenance au PKK.

Bekir Kaya, 38 ans, avocat de formation et co-maire depuis 2009, a été reconnu coupable par un tribunal de sa ville de «complicité et appartenance à une organisation terroriste». Membre du principal parti pro-kurde du pays, le Parti de la démocratie des peuples (HDP), M. Kaya, avait déjà été emprisonné pendant dix mois de 2012 à 2013 dans une précédente procédure visant les ramifications du PKK dans sa ville. 

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La justice se penche depuis cet été et la reprise des hostilités entre la Turquie et le PKK sur le cas de nombreux responsables politiques kurdes. Sur ordre du gouvernement, la justice a ouvert des enquêtes contre de nombreux responsables politiques kurdes. Les deux chefs de file du HDP, Selahattin Demirtas et Figen Yüksekdag, sont notamment accusés de crimes contre l'ordre constitutionnel pour avoir réclamé l'autonomie des Kurdes.

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Le président Erdogan s’est même prononcé, samedi, pour la levée de l’immunité parlementaire de tous les députés pro-kurdes. «Ils doivent payer le prix» de leurs déclarations, a-t-il estimé. Une menace claire alors que la justice turque a lancé depuis l'été des poursuites contre 36 élus pro-kurdes de Turquie, dont 16 ont déjà été placés en détention, notamment pour «menace à l'unité du pays». 

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Depuis la reprise de la guerre – qui a fait voler en éclats les pourparlers de paix engagés en 2012 pour mettre un terme à un conflit qui a fait plus de 40.000 morts depuis 1984 -, 3 100 combattants rebelles ont été tués courant 2015, a affirmé le président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan. 

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