«Imposteur», «mensonges» : Darmanin repris à la volée par plusieurs joueurs de football britanniques

«Imposteur», «mensonges» : Darmanin repris à la volée par plusieurs joueurs de football britanniques© Thomas Coex/AFP
Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a présenté des explications controversées lors d'une conférence de presse tenue le 30 mai 2022 (image d'illustration).
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Les déclarations du ministre de l'Intérieur mettant en avant une fraude massive de billets des supporters de Liverpool pour expliquer le chaos constaté autour du stade de France le 28 mai ont suscité de vives critiques outre-Manche.

Les propos tenus par Gérald Darmanin le 30 mai, qui a accusé les supporters britanniques d'avoir utilisé massivement des faux billets pour tenter d'accéder à la finale du 28 mai, tout en défendant le dispositif policier retenu par le préfet de police Didier Lallement, ont entraîné de sérieux remous en Grande-Bretagne, notamment de la part d'anciens joueurs renommés, mais également du club de Liverpool.

«Gérald Darmanin est un imposteur», a taclé Jamie Carragher, ancien défenseur central de Liverpool, ajoutant que «les mensonges et la manipulation de la part des autorités sont une honte». Très remonté, Jamie Carragher a qualifié la ministre des Sports française et l'UEFA de «menteurs» et vilipendé le comportement des forces de l'ordre, relayant plusieurs vidéos sur son compte appuyant les accusations de violences envers les supporters.

L'ancien défenseur des Reds est loin d'être le seul à remettre en cause la ligne de défense des autorités françaises, par ailleurs jugée peu vraisemblable par plusieurs enquêtes journalistiques.

Le latéral de Liverpool Andy Robertson a vivement critiqué, au micro de la BBC, la gestion des supporters britanniques qui se présentaient à l'entrée du Stade de France. «Un de mes amis s'est fait dire qu'il s'agissait d'un faux billet, alors que je vous assure qu'il ne l'était pas. C'était vraiment la pagaille», a-t-il raconté, contestant la version officielle selon laquelle les supporters de Liverpool seraient arrivés en retard et auraient provoqué le report du match.

Selon lui, l'organisation française a été une véritable «pagaille», avec des jets de gaz lacrymogènes sur la foule qu'il a qualifiés d'«inacceptables». «C'était horrible pour nos fans et pour toutes les familles qui ont vécu ça», s'est-il indigné, comptant sur une enquête pour éclaircir ces incidents. «La Ligue des champions devrait être une fête, mais ce n'était pas le cas», a-t-il regretté, estimant qu'il aurait peut-être été préférable que la finale se joue ailleurs qu'en France.

La défense de l'action des forces de l'ordre par le ministre français de l'Intérieur a aussi fait bondir Jason McAteer, ancien milieu offensif des Reds, qui avait déjà raconté avoir été agressé par des délinquants le 29 mai. Il a cette fois interpellé le ministre en partageant une vidéo d'enfants pleurant après avoir respiré du gaz lacrymogène : «C'est écœurant de voir comment des enfants et des fans innocents sont soumis à cela, Gérald Darmanin. Vous, votre police, votre stade en êtes responsables. Arrêtez les mensonges», a-t-il lancé.

Dans un style plus ramassé, l'ex-international anglais Gary Lineker a employé la langue de Molière juste après la conférence de presse de Gérald Darmanin avec ce court tweet : «C'est des conneries.»  

La police, la sécurité, tout était absolument horrible

Le club réclame des excuses du gouvernement

Un peu plus tard, l'AFP a rapporté que, dans une lettre adressée à la ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castera, et publiée par le quotidien Echo de Liverpool, le président du club Tom Werner a fait part de son «incrédulité totale» quant à cette «série de déclarations non prouvées sur un sujet d'une telle importance», avant même la tenue d'une enquête indépendante.

«Vos commentaires sont irresponsables, peu professionnels et totalement irrespectueux des milliers de fans blessés physiquement et émotionnellement», a-t-il ajouté, disant avoir reçu de très nombreux emails de supporters «morts de peur» et dénonçant une «stratégie cherchant à attribuer la faute aux autres par le biais d'une conférence de presse».

«Au nom de tous les fans qui ont vécu ce cauchemar, je demande des excuses de votre part, et l'assurance que les autorités françaises et l'UEFA permettront à une enquête indépendante et transparente d'avoir lieu», peut-on encore lire dans le courrier. 

Du côté des autorités britanniques, qui ont demandé une enquête sur les événements survenues le soir du 28 mai, le porte-parole de Boris Johnson s’est dit «extrêmement déçu» du traitement infligé aux supporters de Liverpool. Dans un communiqué du 30 mai, la maire de Liverpool, Joanne Anderson, a apporté son soutien aux fans du club et dénoncé les accusations portées à leur égard comme étant «profondément irresponsables et contraires aux vidéos et témoignages». Un député de Liverpool présent au stade, Ian Byrne, a pour sa part déclaré ne jamais avoir «vu un environnement plus hostile», ajoutant : «La police, la sécurité, tout était absolument horrible.» 

Plusieurs experts sportifs ont remis en cause, dans la journée du 30 mai, les chiffres avancés par le locataire de la place Beauvau à propos des faux billets. Dans un article publié par Mediapart au sujet de ce fiasco organisationnel, des hauts fonctionnaires du ministère de l'Intérieur ont même exprimé leur embarras quant aux explications officielles. Cité par le média en ligne, un haut gradé de la gendarmerie a évoqué «des accusations absurdes» de la part du ministre. L'enquête sur les multiples incidents, annoncée dans la soirée du 30 mai par l'UEFA doit permettre, selon l'organisation, d'«examiner les prises de décisions, les responsabilités et les comportements de toutes les parties impliquées dans la finale».

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