«C'est non» : la proposition de primaire d'Anne Hidalgo fait un flop dans les rangs de la gauche

«C'est non» : la proposition de primaire d'Anne Hidalgo fait un flop dans les rangs de la gauche© Thomas SAMSON / POOL Source: AFP
Anne Hidalgo et Yannick Jadot à Paris, le 17 avril 2021.
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Des écologistes aux insoumis, aucun des représentants des principaux partis concurrents du PS n'a pour l'heure souscrit à l'idée lancée par Anne Hidalgo d'organiser une primaire de la gauche en vue de l'élection présidentielle en 2022.

Au sein de la grande famille des partis de gauche, la proposition de la candidate PS Anne Hidalgo d'organiser une primaire en vue de la présidentielle 2022 a été reçue tièdement, la majorité de ses concurrents balayant sans ambages l'idée ce 9 décembre.

Le candidat EELV Yannick Jadot a ainsi expliqué ce 9 décembre sur Europe 1 ne pas souhaiter se plier à l'exercice. «Non, je ne participerai pas à une primaire de la gauche. Il faut être un peu sérieux», a dit l'eurodéputé, qui devance la maire de Paris dans les sondages. Celui qui a déjà fait une primaire interne à son parti en septembre a d'ailleurs raillé chez sa rivale une «volonté de sortir de l'impasse par une idée surprise».

Le carrosse socialiste va se transformer en citrouille

Un peu plus tôt sur RMC, le secrétaire national des écologistes Julien Bayou avait déjà été catégorique : «C'est non, c'est du bricolage, c'est de l'improvisation. Je crois qu'elle n'a prévenu personne, même au sein des socialistes. Pour moi, cela masque le fait que la candidate socialiste constate l'impasse de la social-démocratie», a-t-il expliqué, estimant que «c'était peut-être une manière pour elle d'habiller son retrait».

«Autant en emporte le vent», s'est contenté de commenter l'eurodéputé EELV David Cormand auprès de Mediapart. Plus prolixe auprès du Monde, il a fustigé «une fausse proposition de primaire, hors délai, qui donne l'impression d’une initiative gadget non maîtrisée alors que sa campagne est encalminée». «Ça ressemble quand même beaucoup à une manœuvre désespérée pour sauver une campagne en détresse. [...] La vérité, c'est qu'il est minuit moins le quart et que le carrosse socialiste va se transformer en citrouille. Ne comptez pas sur nous pour monter dedans», a aussi tranché dans Libération l'eurodéputée Marie Toussaint, conseillère politique de Yannick Jadot.

Mediapart a aussi contacté la députée LFI Danièle Obono, guère plus emballée par cette suggestion de primaire qu'elle assimile à des «manœuvres politiciennes qui ne font qu'alimenter le dégoût des citoyens». «Il faut arrêter de prendre les gens pour des imbéciles», a sèchement lancé son collègue insoumis Eric Coquerel sur RMC. «Anne Hidalgo ne peut pas nous proposer la machine à perdre que le PS a inaugurée en 2016», a déploré sur France Info le même élu.

Du côté des communistes, même scepticisme. «Une primaire ça règle le problème de la personne, ce n'est pas la personne aujourd'hui qu'il faut trouver, c'est ce sur quoi nous nous unissons», a expliqué sur BFMTV le candidat PCF Fabien Roussel. «La gauche, aujourd'hui, si elle aussi mal, c'est parce qu'une partie de cette gauche, représentée par Anne Hidalgo, quand elle a été au pouvoir avec les écologistes en 2012, elle n'a pas répondu au peuple», a-t-il détaillé, avant d'enfoncer le clou sur France Info : «Si, sur le papier, la gauche peut être [au second tour], en tout état de cause elle est tellement faible qu'au final elle sera battue.»

Hollande juge qu'une primaire «ne s'improvise pas»

Anne Hidalgo a bien reçu le soutien du patron de son parti, le député Olivier Faure, qui a cité Yannick Jadot sur France Inter : «Le 29 mars, il disait : "Si nous y allons divisés, nous avons aucune chance de gagner. Il nous faut une candidature unique." Qu'est-ce qui a changé depuis ?» Mais tous les socialistes n'ont pas suivi, d'autant que selon un journaliste de LCI, la candidate PS aurait «pris seule cette initiative [le 8 décembre au] matin sans prévenir» son camp.

L'ancien président François Hollande, pourtant soutien de la maire de Paris, a d'ailleurs critiqué l'idée : «Une candidature d'union n'a de sens que s'il y a un programme commun, que si tous les candidats partagent les mêmes conceptions. Ça n'est pas le cas. Et si ça l'était, ça aurait dû être préparé, ça ne s'improvise pas», a-t-il argumenté sur BFMTV.

En appelant le 8 décembre à l'organisation d'une primaire pour désigner un candidat unique de la gauche à l'élection présidentielle d'avril 2022, la maire de Paris a assuré qu'elle se rangerait derrière le vainqueur, tout en excluant de retirer sa candidature si une telle consultation n'avait pas lieu.

S'il n'avait pas lui-même évoqué la possibilité d'une primaire, l'ancien ministre socialiste Arnaud Montebourg, lui aussi au plus bas dans les intentions de vote, avait déjà lancé quelques heures plus tôt le 8 décembre un appel similaire à se rassembler, en «offrant» sa candidature à «un projet commun». Sans surprise, après l'annonce de la maire de Paris, il a été le seul dans la soirée à être «réjoui» par «l'initiative», tout en appelant sur France Info à se mettre d'abord d'accord sur «un programme commun», et en soulignant qu'il ne ferait pas une primaire «en tête-à-tête». 

Les sondages indiquent pour l'instant qu'aucun des multiples candidats de gauche ne semble en mesure de se qualifier pour le second tour, la maire de Paris étant elle-même créditée de moins de 5% des intentions de vote, derrière l'Insoumis Jean-Luc Mélenchon ou Yannick Jadot, qui ne dépassent eux-mêmes généralement pas les 10%.

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