«Scandaleux», «injuste», «irresponsable» : l'opposition réagit à l'extension du pass sanitaire

«Scandaleux», «injuste», «irresponsable» : l'opposition réagit à l'extension du pass sanitaire© Gonzalo Fuentes Source: Reuters
Le Premier ministre Jean Castex lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale à Paris, le 22 juin 2021 (image d'illustration).
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L'ancien eurodéputé Florian Philippot a parlé de «la loi la plus anti-humaniste et liberticide qui soit», tandis que le chef des Insoumis Jean-Luc Mélenchon a déploré un texte qui «change la nature de la société dans laquelle nous voulons vivre».

Jusqu'au bout, le pass sanitaire divisera l'opinion, y compris chez les représentants politiques. Après l'adoption par le Parlement du projet de loi prévoyant son extension, malgré l'opposition de la France insoumise, du PCF et du RN, plusieurs élus de ces partis ainsi que des figures de la droite souverainiste ont critiqué ce 26 juillet la méthode de la majorité LREM. 

Le chef des Patriotes Florian Philippot, également en pointe des manifestations contre le pass sanitaire, a écrit sur Twitter que le vote du texte permet de constater «que ce sont ceux qui se proclament les plus grands humanistes et les plus grands défenseurs de la liberté qui auront voté la loi la plus anti-humaniste et liberticide qui soit».

Le député et chef de Debout la France Nicolas Dupont-Aignan a de son côté fustigé le rôle du Sénat à majorité LR, qui n'a selon lui pas joué son rôle de contre-pouvoir : «Plutôt que de rejeter en bloc le principe scandaleux du pass sanitaire, ils ont préféré en négocier les modalités», a-t-il déploré peu avant le vote définitif par le Parlement.

Le président de l'UPR François Asselineau a décrit une «loi liberticide, injuste, ségrégationniste, absurde et qui va se révéler très vite inapplicable», estimant que «beaucoup de Français, même vaccinés, ne sont pas d'accord, ni avec le principe du pass sanitaire ni avec les contraintes quotidiennes exaspérantes qu'il va créer». «On peut donc anticiper qu'une large partie de la population va entrer dans une résistance passive», a ajouté le chantre du Frexit dans une série de messages sur Twitter.

Du côté du Rassemblement national, dont les députés ont voté contre le texte, peu de réactions après l'adoption de la loi au milieu de la nuit, même si l'élu du Gard Nicolas Meizonnet a posté une photo de son groupe parlementaire, incluant la dirigeante du parti Marine Le Pen, avec en commentaire : «Libertés publiques et égalité des droits bafouées !»

Les Insoumis veulent saisir le Conseil constitutionnel

Il n'y a pas que la droite souverainiste qui a marqué son mécontentement après la décision du Parlement. La députée Martine Wonner, ex-LREM et désormais sans étiquette à l'Assemblée, opposante notoire à la vaccination et au pass sanitaire, a réagi au vote du Parlement en écrivant dans un communiqué que «la République pleure de ce que le gouvernement fait subir à son peuple». «Les droits de l'Homme sont bafoués et les citoyens ne sont plus égaux en droit. Le peuple gronde et Macron n'en tient pas compte de façon irresponsable», a ajouté l'ancienne membre du parti présidentiel.

A gauche, le leader des Insoumis Jean-Luc Mélenchon, qui a voté contre, a notamment déclaré à la tribune de l'Assemblée que «le pass sanitaire c'est la discrimination sociale assumée comme le montre la carte des vaccinations» et qu'il «change la nature de la société dans laquelle nous voulons vivre». Sa collègue parlementaire LFI Mathilde Panot a écrit après le vote qu'«un pays où la population est constamment scannée, où des salariés pourront être licenciés car non-vaccinés, où tout le monde contrôlera chacun, ce n’est pas la France». «Ce vote défigure notre République sociale», a-t-elle ajouté, annonçant que les Insoumis comptaient saisir le Conseil constitutionnel pour retoquer la loi.

Tous les opposants à la majorité présidentielle n'ont néanmoins pas voté contre le texte, au contraire. Le Sénat à majorité LR l'a d'ailleurs approuvé dans les grandes lignes, à l'image de Philippe Bas, qui a décrit le processus législatif ainsi : «Clarté, équilibre, respect des personnes et des droits, efficacité ! Il faut maintenant réussir l’application !» Pour le sénateur LR Bruno Retailleau, «le Sénat a introduit du bon sens et du pragmatisme dans le texte initial du gouvernement». 

Enfin, l'exécutif s'est évidemment réjoui de l'adoption du texte. Le Premier ministre Jean Castex a salué une «loi renforçant nos outils de lutte contre la crise sanitaire», alors que son ministre de la Santé Olivier Véran a parlé d'une «belle soirée pour la démocratie, mauvaise pour le virus». «Après 60h de débat, majorité et opposition ont su retrouver le chemin de l'unité pour lutter contre l'épidémie», a ajouté ce dernier.

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