«Gilets jaunes puissance dix» : l'extension des zones à faibles émissions déjà critiquée

«Gilets jaunes puissance dix» : l'extension des zones à faibles émissions déjà critiquée© STEPHANE DE SAKUTIN Source: AFP
Le périphérique parisien le 18 décembre 2020 (image illustration).
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Le projet de loi climat qui arrive au Sénat propose l'extension des zones où seraient interdits certains types de véhicules, jugés trop polluants, dès 2025. Une mesure largement critiquée, qui devrait toucher de nombreux ménages français.

Déjà adopté par l'Assemblée nationale, le projet de loi climat a commencé à être étudié par le Sénat ce 15 juin, la chambre haute devant notamment se pencher sur la possibilité d'extension de la création des zones à faibles émissions (ZFE) à toutes les agglomérations de plus de 150 000 habitants à partir de 2025. Une mesure, déjà en place à Paris, Lyon et Grenoble, qui fait bondir les partisans de la voiture en ville. Elles interdirait de circulation dans ces zones les véhicules étiquetés Crit'air 3, 4, 5 et ceux qui sont non classés (tous les véhicules antérieurs à 1997), sous peine d'une amende de 68 euros. 

«En termes de colère, les appels et les courriers que nous recevons sur ce sujet sont encore plus virulents que lors de l’augmentation du prix des carburants ou même de la réduction de la vitesse à 80km/h», a prévenu le délégué général de l'association 40 millions d'automobilistes Pierre Chasseray au Parisien. Sur LCI, il a ajouté qu'en cas d'adoption de la mesure, «ça va être Gilets jaunes puissance dix en France».

«Les restrictions de circulation induites par les ZFE sont des mesures discriminatoires parce qu’elles pénaliseront le plus durement les foyers les moins aisés, ceux qui n’ont pas les moyens de résider dans les centres-villes et qui ont donc le plus besoin de leur véhicule motorisé pour se déplacer au quotidien», a souligné l'association dans un communiqué. D’après ses calculs, près de «sept Français sur dix n’auront plus le droit de circuler librement d’ici moins de quatre ans», alors que «leur seul tort est d’avoir acheté légalement une voiture correspondant à leurs besoins de mobilité et à leur budget».

Des aides de l'Etat pour changer de véhicule

Le gouvernement avance de son côté l'urgence climatique comme justification : «Chaque année, la pollution de l’air tue 40 000 personnes en France. La cause principale est connue : l’air de nos grandes villes est chargé de particules fines et d’oxydes d’azote, générés à 70% par la circulation automobile. Demain, grâce à ce texte, nous respirerons un air plus pur», a rappelé la ministre de l’Écologie Barbara Pompili. 

Selon une étude d'AirParif, l’Association de surveillance de la qualité de l'air en Île-de-France, l'interdiction des Crit'air 3 en 2025 permettrait en effet de réduire la pollution dans la métropole du Grand Paris de 40% d'ici 2025, par rapport à 2019.

«Il y a évidemment une urgence sanitaire, mais si on commence par interdire à des gens de circuler parce que leur voiture est trop vieille sans leur proposer de mesures d’accompagnement, on court à la catastrophe. Et on risque de nouveau de parler d’écologie punitive», a néanmoins pointé dans Le Parisien le professeur de santé environnementale Olivier Blond.

Pour compenser et inciter à changer de véhicule, l'Etat a mis en place des aides à l'achat : jusqu'à 12 000 euros pour remplacer sa voiture contre un modèle moins polluant, les foyers les plus modestes pouvant aussi bénéficier d'un micro-crédit de 5000 euros. Mais «ces aides ne sont pas suffisantes pour permettre aux plus pauvres d’acheter un nouveau véhicule», a balayé Olivier Blond. Pierre Chasseray a en outre rappelé sur LCI qu'«on va interdire aux automobilistes de circuler alors qu'on les a incités à l'époque par des aides écologiques à acheter justement des véhicules diesel après le Grenelle de l'environnement».

Même discours dans la bouche de Thibaud Philipps, maire LR d’Illkirch-Graffenstaden (Bas-Rhin), interrogé par Le Monde : «On a incité pendant des années les gens à rouler au gazole et aujourd’hui on veut les faire revenir en arrière à marche forcée», s'agace celui qui va organiser le 11 juillet dans sa commune un référendum sur le calendrier de la ZFE. Auprès d'Auto Infos, le président du Centre national des professions de l’automobile Francis Bartholomé a aussi repris la comparaison avec de précédents mouvements de contestation : «Il y a eu les "Gilets jaunes" et les "bonnets rouges". Je ne sais pas quelle couleur [les pouvoirs publics] sont en train de nous créer s’ils poursuivent dans cette voie.»

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