Opposition grandissante au port du masque dès six ans à l'école

Opposition grandissante au port du masque dès six ans à l'école© THOMAS COEX / POOL / AFP
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Opposés au port du masque devenu obligatoire dès six ans pour les écoliers en France, des parents d'élèves, médecins et collectifs font part de leur incompréhension voire de leur colère via des pétitions, témoignages et manifestations.

Témoignages, pétitions, refus de mettre son enfant à l'école, manifestations : l'opposition de parents d'élèves, mais aussi d'associations et de médecins, au port du masque pour les élèves de primaire dès six ans se fait entendre, notamment sur les réseaux sociaux.

Obligatoire dans les écoles dès six ans depuis le 2 novembre, à la suite de l'annonce du Premier ministre Jean Castex le 29 octobre «conformément à l'avis» transmis le 28 octobre par le Haut Conseil de santé publique (HCSP), cette nouvelle mesure sanitaire suscite de nombreuses incompréhensions, des crispations voire de la colère, notamment concernant les potentiels effets indésirables, tant physiques que psychologiques, du masque chez les écoliers.

Des actions menées par des parents d'élèves

Sur les réseaux sociaux, plusieurs collectifs opposés au port du masque à l'école ont récemment vu le jour. Sur Facebook, le collectif baptisé «Laissez nos enfants respirer», suivi par 6 400 internautes, a pour objectif de rassembler les parents d'élèves «opposés à cette mesure», «afin de mener des actions pour faire évoluer le protocole dans le bon sens, avec un objectif final : levée de l'obligation du port du masque dans les établissements scolaires.» Le groupe a même lancé sa propre pétition, qui n'a cependant récolté que 160 signatures jusqu'à présent.

D'autres pétitions opposées au port du masque pour les enfants circulent actuellement sur internet. La pétition «Non au port du masque dès 6 ans !», signée par près de 190 000 personnes, est par exemple adressée au ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran, au ministre de l'Education nationale et de la Jeunesse, Jean-Michel Blanquer, ainsi qu'à Jean Castex. Une autre, plus locale, est adressée au préfet et au rectorat de la Gironde. Avec un peu moins de 3 700 signatures, l'auteur de la pétition «souhaite que le maire de [s]a commune [Teich en Gironde] ou que toute autre personne en capacité de cette demande soumette un décret ou une dérogation contre le port du masque chez les plus petits, pour le bien de nos enfants».

Des parents d'élèves mènent également des actions pour signaler leur rejet de cette mesure sanitaire. A Saint-Michel-de-Chabrillanoux (Ardèche), des parents ont décidé de ne pas amener leurs enfants en classe le 6 novembre, comme le rapporte France bleu. Ils ont également organisé des rassemblements de protestation devant l'établissement scolaire.

Une manifestation contre le port du masque dès l'âge de six ans rassemblant «entre 400 et 500 personnes (selon les forces de l’ordre)» citées par France Bleu Roussillon, a eu lieu le 7 novembre au matin dans les rues de Prades (Pyrénées-Orientales). 

Un autre rassemblement avait déjà eu lieu le 2 novembre dans cette commune. 70 parents d'élèves «s'y étaient retrouvés avant d'être dispersés dans le calme par les gendarmes», selon France bleu.

Un masque qui pourrait «laisser des traces à long terme» sur le plan psychologique

Si une opposition de plus en plus vive au port du masque dès six ans émerge en France, c'est en raison de craintes chez certains parents d'élèves, quant aux risques potentiels pour la santé (physique ou psychologique) des enfants.

En tout état de cause, dans une tribune publiée le 1er novembre par Libération, cinq psychologues et neuropsychologues se sont interrogés sur «l'apparition de nouvelles mesures telles que l'obligation du port du masque à partir de six ans». Rappelant que «les besoins d'expression d'un enfant de six ans, encore considéré comme jeune enfant, sont multiples : sur le plan affectif, langagier, émotionnel, corporel», les co-signataires estiment que «toute entrave à cette communication spontanée, naturelle et nécessaire, si elle n'est pas porteuse de sens, est susceptible de laisser des traces à long terme».

«A cette crise aux répercussions sanitaires, économiques et psychologiques majeures, nous souhaiterions des réponses préventives qui ne prennent pas seulement en compte l'avis et le conseil de spécialistes en sciences dures et de syndicats, mais d'experts en psychologie notamment infantile, des professionnels spécialisés en sciences humaines et personnes quotidiennement au contact d'enfants», ont également demandé les cinq auteurs de la tribune.

Un directeur d'école peut refuser l'accès de l'établissement à un élève sans masque

Dans le même temps, selon France info, des directeurs d'établissements scolaires et des académies font remonter un nombre croissant de cas de parents d'élèves qui refusent que leurs enfants soient masqués. Tant et si bien qu'une «fiche juridique [du ministère de l'Education nationale] va être envoyée en interne aux personnels de direction pour qu'ils aient en leur possession tous les éléments juridiques pour prendre la bonne décision», d'après la même source. Cette fiche confirme qu'un directeur d'école peut refuser l'accès de l'établissement à un élève qui ne porterait pas un masque. Pour autant,, le ministère de l'Education nationale précise : «Un masque doit être proposé à l’enfant avant tout refus d’accès et [...] ce dernier ne peut être laissé seul sur la voie publique.»

Selon ce même ministère cité par Le Figaro, ces attitudes de parents d'élèves restent «très minoritaires» et le port du masque est majoritairement accepté et souvent approuvé par des parents eux-mêmes inquiets du développement de la pandémie. Interrogé par le quotidien, le président de la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE) Rodrigo Arenas s'est inquiété que le mouvement d'opposition au masque puisse «prendre de l'ampleur». «On a tout de même un père qui a voulu cadenasser une école pour s'opposer au port du masque ! Et nous avons observé le développement de vidéos inquiétantes, très regardées, que nous avons d'ailleurs signalées sur Pharos», a-t-il également souligné. 

Enfin, plusieurs médecins ont également livré leurs analyses infirmant tous risques liés au port du masque pour les enfants. Dans Le Monde, la chef de service des urgences et de pédiatrie générale au CHU de Nantes et secrétaire générale de la Société française de pédiatrie, Christèle Gras-Le Guen, a jugé «irrationnel» d'«imaginer que le masque puisse être nuisible sur la santé des enfants». 

«Au Japon, les enfants portent des masques de manière culturelle depuis très longtemps. Ils vont à l’école avec des masques, et on n’a jamais observé le moindre effet délétère sur la santé respiratoire de centaines d’écoliers japonais», a-t-elle déclaré en réponse à la potentielle toxicité des masques sur les plus jeunes.

«[Le masque] peut poser quelques difficultés pour s'exprimer, pour les enfants comme pour les adultes, car cela oblige à parler plus fort», a expliqué au Monde la pédopsychiatre Agnès Pargade. Et d'estimer : «Cela ne pose, cependant, pas de souci pour le développement de l'enfant. Les muscles du visage sont importants, mais les émotions passent surtout par le regard, par la communication orale».

En France, reconfinée depuis le 30 octobre, le nombre de nouveaux cas de Covid-19 a franchi le cap des 60 000 au cours des dernières 24 heures et le bilan total des décès depuis le début de la pandémie s'approche des 40 000, selon les données publiées le 6 novembre au soir par le site de Santé publique France

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