L'Education nationale a-t-elle fourni des masques dangereux aux enseignants ?

L'Education nationale a-t-elle fourni des masques dangereux aux enseignants ?© Lionel BONAVENTURE / AFP Source: AFP
La Secrétaire d'Etat Nathalie Elimas dans une école en septembre 2020 (image d'illustration).

Le site Reporterre affirme que les masques en tissu distribués par l'Etat aux personnels de l'Education nationale seraient nocifs en raison de la présence de zéolite d'argent. Une révélation qui crée la colère chez certains professeurs.

Le 13 octobre, le site de défense de l'écologie Reporterre a affirmé que l'Education nationale aurait fourni aux enseignants des masques traités à la zéolite d’argent, un cristal microporeux bactéricide considéré comme «toxique pour la santé humaine et l’environnement».

Selon l’agence européenne des produits chimiques, cette structure naturelle ou artificielle est «susceptible de nuire à la fertilité» et peut être «très toxique pour les organismes aquatiques», entraînant des «effets néfastes à long terme». Près de 60% des particules d'argent contenues dans les masques seraient en effet libérées dans les eaux usées après dix lavages, selon certaine estimations. 

Emmanuel Macron lui même portait un de ces masques fabriqués par l'entreprise Dim, le 8 septembre dernier à l’occasion de sa prise de parole devant les étudiants d’un lycée professionnel de Clermont-Ferrand. Pris d'une quinte de toux, le président avait alors dû enlever son masque, en exprimant la crainte de «s'étouffer avec ça».

Ces masques sont par ailleurs distribués en nombre insuffisant aux enseignants (cinq par personne, alors qu'ils doivent être changés toutes les quatre heures). Selon Reporterre encore, ceux-ci ne peuvent protéger leurs porteurs que si les gestes barrières sont respectées. Des gestes impossibles à respecter dans les écoles maternelles. 

Une situation problématique lorsqu'on sait que 18,6% des foyers de contamination sont actuellement en milieu scolaire selon les données de Santé publique France du 15 octobre.

Des accusations à étayer  

Les affirmations de Reporterre sont cependant à nuancer : pour Jerôme Langrand, médecin toxicologue à l’hôpital Lariboisière interrogé par le Huffington Post, il faut «davantage de précisions sur le type de zéolites dont il s’agit», afin de pouvoir se prononcer sur l'éventuelle toxicité des masques. Selon lui, la zéolite d'agent est particulièrement dangereuse pour la santé humaine si elle est sous forme de nanoparticules, qui s’infiltrent dans les poumons et peuvent provoquer des inflammations, comme le montre une étude publiée en mai dernier par l’Agence nationale de sécurité sanitaire alimentaire nationale (Anses). Mais les cristaux sont rares sous cette forme, car ils «coûtent très cher».

Pour Fabrizio Pariselli, toxicologue du CNRS et directeur de l’unité Prévention du risque chimique, lui aussi interrogé par le Huffington Post, les ions métalliques actifs d'argent présents dans la zéolite sont effectivement toxiques à haute dose : ils peuvent alors pénétrer dans le système sanguin et être neurotoxiques, et «mener à une perte de poids, affaiblir le système immunitaire, être corrosifs pour les yeux…». Cependant, il rappelle que la zéolite d'argent est également présente «dans la lessive, ou dans la litière de chats» et qu'elle doit, pour être toxique, être présente en quantité «très importante» et être «en contact prolongé avec la peau».

Dépôt de plainte, surprise et consternation

Les révélations portant sur la potentielle toxicité des masques ont suscité de nombreuses réactions : le jour même, le collectif de professeurs Les Stylos rouges a annoncé porter plainte pour «empoisonnement». Du côté syndical, Snudi-Force ouvrière de la Mayenne a indiqué lancer une procédure d’alerte. Le 15 octobre, le syndicat des enseignants du second degré SNES-FSU a demandé lui une expertise indépendante sur les masques concernés. 

Interrogé sur RTL dans la soirée du 13 octobre, le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer a exprimé son étonnement et déclaré qu'il s'agit d'une «information surprenante qui mérite vérification».

Sur France Info, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a quant à lui considéré le 15 octobre que cette situation «peut être assez grave», tout en précisant qu'il «n’imagine pas qu’on puisse avoir distribué des masques sans avoir garanti qu’ils soient certifiés et homologués».

Le conseiller régional conseiller régional et secrétaire national d'Europe Ecologie Les Verts, Julien Bayou a interpellé Jean-Michel Blanquer sur Twitter. 

Le député et premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure a, de son côté, jugé l’affaire «hallucinante».

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

En cliquant sur chaque option, vous pouvez contrôler l'activation ou la désactivation du dépôt des cookies et de la création des profils : le bandeau de couleur indique si le dépôt de cookies et la création de profils sont autorisés (vert) ou refusés (rouge). Les cookies techniques (cookies de session, d'authentification et de sécurité) sont indispensables au bon fonctionnement de nos services et ne peuvent être désactivés.
OK

Ce site utilise des cookies.

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation, de la part de RT France et de tiers, de cookies et autres traceurs à des fins de mesure d'audience, partage avec les réseaux sociaux, personnalisation des contenus, profilage et publicité ciblée. Pour paramétrer l’utilisation des cookies veuillez accéder dans la rubrique «Paramétrer vos choix» et pour plus d’informations, nous vous invitons à consulter la rubrique «Politique de Confidentialité»