Masques : les fabricants ont désormais trop de stock et s'estiment lâchés par l'Etat

Masques : les fabricants ont désormais trop de stock et s'estiment lâchés par l'Etat© BERTRAND GUAY Source: AFP
Les masques s'empilent dans certaines entreprises françaises de textile (image d'illustration).

Alors que la France se trouvait en pénurie de masques lors de la crise sanitaire, l'Etat avait poussé certaines entreprises à réorienter leur activité vers cette fabrication. Mais ces sociétés semblent désormais avoir du mal à les écouler.

Si le président de la République a refusé de parler de pénurie de masques pendant la crise du Covid-19, l'Etat avait malgré tout engagé des actions pour faire face aux manques, que ce soit au sein des hôpitaux, des forces de l'ordre ou dans les collectivités locales.

Des entreprises françaises, du textile notamment, avaient été incitées à réorienter leur production vers celle des masques pour répondre à la demande. Mais patatra ! Celles-ci doivent désormais faire face à une hausse des stocks qui les inquiète. «Les commandes des collectivités locales et des entreprises s'effondrent, quand elles ne sont pas annulées face à la concurrence des produits d'importation à moindre coût», déplore le 3 juin dans Les Echos Pierric Chalvin, délégué général d'Unitex, qui représente l’ensemble des activités de la filière textile régionale en Auvergne Rhône-Alpes.

Selon le quotidien économique, dans cette région «une dizaine d'entreprises régionales déplorent déjà 450 000 invendus et des stocks de tissu représentant potentiellement 14 millions de masques». Les stocks d'invendus s'accumuleraient donc pour les 45 entreprises ayant converti leurs ateliers de couture en fabrique à masques «pour confectionner 5 millions de masques non médicaux par semaine». Le président du Comité stratégique de filière mode et luxe Guillaume de Seynes aurait d'ailleurs écrit à la secrétaire d'Etat à l'Economie Agnès Pannier-Runacher pour que l'Etat passe d'abord commande de masques chez les producteurs français et non vers les pays asiatiques. Toujours d'après Les Echos, le ministère de l'Economie aurait d'ailleurs demandé au Vietnam de lui fournir 10 millions de masques lavables. Pierre Chalvin dénonce auprès du journal économique : «On ne peut pas demander à la filière de se mobiliser et la laisser tomber deux mois plus tard.»

Interrogé par RMC, le PDG d’Alpex Protection (entreprise fabriquant des textiles techniques à Saint-Chamond dans la Loire), Hervé Tiberghien explique détenir un stock de 800 000 masques : «Le robinet asiatique semble s'être rouvert donc aujourd'hui la situation est catastrophique [...] Je ne trouve pas les mots pour qualifier cette situation totalement surréaliste. On a demandé un effort considérable à notre profession pour se substituer aux achats asiatiques. On l'a fait et maintenant on se retrouve dans cette situation dramatique.»

Un autre patron suggère que l'Etat prenne ses responsabilités et rachète les invendus. Le problème des masques semble bel et bien être le fil rouge de la crise sanitaire.

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

En cliquant sur chaque option, vous pouvez contrôler l'activation ou la désactivation du dépôt des cookies et de la création des profils : le bandeau de couleur indique si le dépôt de cookies et la création de profils sont autorisés (vert) ou refusés (rouge). Les cookies techniques (cookies de session, d'authentification et de sécurité) sont indispensables au bon fonctionnement de nos services et ne peuvent être désactivés.
OK

Ce site utilise des cookies.

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation, de la part de RT France et de tiers, de cookies et autres traceurs à des fins de mesure d'audience, partage avec les réseaux sociaux, personnalisation des contenus, profilage et publicité ciblée. Pour paramétrer l’utilisation des cookies veuillez accéder dans la rubrique «Paramétrer vos choix» et pour plus d’informations, nous vous invitons à consulter la rubrique «Politique de Confidentialité»