«Nous devons prendre le pouvoir» : l'appel d'un Gilet jaune du Vaucluse pour le 11 mai

«Nous devons prendre le pouvoir» : l'appel d'un Gilet jaune du Vaucluse pour le 11 mai© GERARD JULIEN Source: AFP
Christophe Chalençon, forgeron de profession et Gilet jaune du Vaucluse.
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Après plusieurs publications du même acabit, le Gilet jaune Christophe Chalençon a posté sa «dernière» vidéo avant le 11 mai. Il y présente «un appel national pour monter à Paris» et d'autres actions visant, selon lui, à «prendre le pouvoir».

Réitérant l'appel qu'il avait formulé via de récentes publications sur sa page Facebook, Christophe Chalençon, un Gilet jaune du Vaucluse particulièrement actif dès les premiers mois de la mobilisation, a posté le 9 mai ce qu'il a présenté comme sa «dernière vidéo avant lundi». Le 11 mai est un jour pour lequel il lance «un appel national», suggérant aux uns de «monter à Paris», aux autres de «verrouiller toutes les préfectures et sous-préfectures» afin de «demander audience aux préfets».

On verrouille le périphérique, à l'intérieur il y a des troupes

Dans sa vidéo, Christophe Chalençon évoque «des appuis très puissants» dans son département, sans donner plus de détails. Quant à l'opération visant la capitale, dont il décrit brièvement l'architecture, le Gilet jaune déclare par exemple : «Nous passerons par les [routes] départementales et nationales […] On verrouille le périphérique, à l'intérieur il y a des troupes, des citoyens libres qui agiront de l'intérieur.» 

Trois généraux pour porter les fondations de la première démocratie

En substance, le Vauclusien estime qu'il n'y a «pas d'autre alternative» que celle de «prendre le pouvoir». «Nous voulons mettre en place un gouvernement de transition, de salut public avec à la tête trois généraux pour porter les fondations de la première démocratie […] Une nouvelle constitution sera mise en place», affirme-t-il, rappelant l'existence d'«un travail de construction sur 18 mois», probablement en référence à l'histoire du mouvement citoyen. Ce n'est pas la première fois que Christophe Chalençon suggère un renversement du pouvoir. En février 2019, il évoquait déjà la présence dans ses rangs de «paramilitaires prêts à faire tomber le gouvernement français».

Le nombre de vues des dernières vidéos de Christophe Chalençon s'est envolé et certains ont fait part de leur inquiétude quant au scénario présenté par l'activiste. Evoquant l'une des vidéos dans laquelle le Gilet jaune détaille son appel, le député LREM de la Loire, Jean-Michel Mis, en a appelé au Premier ministre et au ministère de l'Intérieur. «Il est temps d’agir […] Les salariés du public et du privé qui ont permis, malgré la crise sanitaire sans précédent, au pays de tenir debout, les commerçants, artisans du pays, nos entrepreneurs, ne nous le pardonneraient pas», a ainsi commenté le député, en référence à la publication qui a cumulé près d'un demi-million de vues sur Twitter.

D'autres ne semblent pas prendre la vidéo au sérieux, à l'image de la section Officiers et Commissaires de police du Syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI), qui a ironisé sur Twitter au sujet des «terribles effets secondaires du confinement».

Un militant qui avait déjà été entendu pour des propos contre Macron

Comme l'a récemment rapporté le Dauphiné Libéré, Christophe Chalençon avait été entendu au commissariat d’Avignon, le 29 avril 2020, pour s’expliquer sur certaines de ses publications dans lesquelles il visait directement le président de la République, Emmanuel Macron. Il lui était reproché de vouloir «ouvrir le corps et le cœur» du chef de l’Etat «pour les éteindre à jamais», toujours selon le quotidien du Sud-Est. Le Gilet jaune avait alors défendu des images qui symboliseraient, selon lui, les clés du pouvoir, telles que l’Elysée ou l’Assemblée nationale. «On me reproche des métaphores», avait-il plaidé.

Forgeron de profession, Christophe Chalençon avait, à l'instar d'autres Gilets jaunes, lancé son initiative politique, baptisée «L'Évolution citoyenne», à l'occasion des élections européennes, initiative qui n'avait pas fait l'unanimité au sein du mouvement.

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