L'hydroxychloroquine doit être utilisée sans restrictions, selon Philippe Douste-Blazy

Invité de La Grande Interview sur RT France, l'ancien ministre français de la Santé Philippe Douste-Blazy appelle le gouvernement à prendre un nouveau décret facilitant la prescription de l'hydroxychloroquine pour traiter le Covid-19.

C'est une parole qui pèse dans la crise actuelle : celle de Philippe Douste-Blazy, ex-cardiologue, ancien ministre de la Santé et secrétaire général adjoint des Nations unies de 2008 à 2017. Invité de La Grande Interview sur RT France, il a répondu aux questions de Magali Forestier concernant la gestion de la pandémie de coronavirus en France. 

On est dans une médecine de guerre, une médecine de catastrophe

Alors que le Covid-19 a fait plus de 3000 morts dans les hôpitaux français, selon le dernier bilan du 30 mars, et qu'une partie du monde médical critique les décisions du gouvernement, il a appelé à ne pas polémiquer inutilement : «On est dans une médecine de guerre, une médecine de catastrophe. Il y a des questions qu'on peut se poser maintenant et d'autres qu'on se posera plus tard.»

L'ancien ministre a tenu à saluer la qualité du système de santé français qui, selon lui, a permis de retarder le pic de l'épidémie et de limiter les pertes pour la population. Pour Philippe Douste-Blazy, il faut désormais penser à la manière de sortir du confinement et s'inspirer de certains pays. En Allemagne, le taux de létalité du virus est de 0,7%, un pourcentage bien inférieur à celui de la plupart des pays européens.

«Il faut savoir comment on va dépister après la fin du confinement», s'est interrogé Philippe Douste-Blazy. «Il faudra mettre à l'écart ceux qui sont infectés et faire énormément de tests. Des pays comme la Corée du Sud ou l'Allemagne ont fait ce choix et c'est comme cela qu'ils ont des taux de mortalité plus bas que chez nous», a-t-il ajouté.

La différence entre un confinement bien fait ou non, c'est des centaines de lits de réanimation à la sortie

En attendant, il a appelé à un respect strict des consignes du gouvernement : «Nous avons tout fait pour retarder le pic. La différence entre un confinement bien fait ou non, c'est des centaines de lits de réanimation à la sortie.»

Un appel à utiliser sans réserve l'hydroxychloroquine

Philippe Douste-Blazy a également pris une position sans ambiguité concernant la chloroquine et l'hydroxychloroquine, ces médicaments dont l'efficacité dans le traitement du Covid-19 est actuellement au coeur des débats entre scientifiques. Pour l'ancien ministre de la santé, le décret paru le 26 mars au Journal officiel est encore trop restrictif pour permettre une utilisation massive de ces molécules.

Il y a la possibilité de diminuer la charge virale des malades

«Je ne comprend pas pourquoi il n'y a pas un décret qui permettrait à tous les médecins français d'utiliser l'hydroxychloroquine. Il y a la possibilité de diminuer la charge virale des malades. L'hydroxychloroquine permet de la diminuer drastiquement au bout de huit jours. Je demande à ce que le décret soit révisé pour permettre son utilisation sans restrictions. Cela fait 50 ans qu'on sait que ce médicament est inoffensif sauf pour les personnes âgées avec des troubles du rythme cardiaque», a-t-il fait valoir.

L'hydroxychoroquine a été mise sur le devant de la scène par le virologue Didier Raoult, chef de l’Institut hospitalo-Universitaire (IHU) Méditerranée infection, pour qui le traitement a déjà prouvé son efficacité. Critiqué par certains médecins qui lui reprochent des études peu rigoureuses, le professeur a annoncé le 27 mars la publication de nouvelles données censées démontrer, selon lui, la «pertinence de l'association de l'hydroxychloroquine et de l'azithromycine» dans le traitement du Covid-19.

Parmi les spécialistes sceptiques figure Eric Caumes, chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière. Il s'est exprimé sur l'antenne de RT France 

Comprendre que dame nature est beaucoup plus forte que nous

De son côté, Philippe Douste-Blazy a déclaré espérer que cette crise permettra de faire comprendre au gouvernement la nécessité de ne plus prendre à la légère les revendications du monde médical : «Il faudra arrêter de dire que le ministre de la Santé ne sert qu'à demander de l'argent. J'espère qu'il sera écouté lorsqu'il demandera des équipements hospitaliers.» Avant de conclure par un appel à l'humilité : «L'après coronavirus arrivera quand l'humanité sera immunisée et que ce virus ne fera plus peur, comme le virus de la grippe. Et c'est surtout comprendre que dame nature est beaucoup plus forte que nous.»

La pandémie de coronavirus a fait, pour l'heure, près de 33 000 morts à travers le monde.

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