Deux décrocheurs de portraits de Macron finalement condamnés à 250 euros d'amende chacun

- Avec AFP

Deux décrocheurs de portraits de Macron finalement condamnés à 250 euros d'amende chacun© DOMINIQUE FAGET Source: AFP
Des militants écologistes posent devant la mairie de Saint-Ouen (93) en tenant une banderole «Macron en procès pour inaction climatique et sociale» et un portrait du président français après l'avoir retiré de la mairie de Saint-Ouen, le 11 septembre 2019 (image d'illustration).

Deux militants écologistes du groupe ANV-COP21 ont écopé d'amendes fermes de 250 euros pour avoir décroché le portrait du président de la République, en février 2019 à Lyon. D'abord relaxés en première instance, le parquet les a finalement condamnés.

Relaxés le 16 septembre par le tribunal correctionnel de Lyon qui avait jugé leur action «légitime» en invoquant «l'état de nécessité», une première pour des «décrocheurs» de portraits d'Emmanuel Macron, deux militants écologistes – poursuivis pour vol en réunion – ont été condamnés en appel le 14 janvier. 

«Cette décision ne va pas dans le sens de l'Histoire»

Les prévenus, deux trentenaires qui militent au sein du groupe Action non-violente COP21 (ANV-COP21), avaient décroché puis volé le portrait du président de la République en février 2019, dans la mairie du IIe arrondissement de la ville.

En première instance, le tribunal correctionnel avait estimé que leur action constituait une interpellation légitime du chef de l'Etat sur la question du dérèglement climatique et devait être interprétée comme «le substitut nécessaire du dialogue impraticable» entre le président et le peuple.

Mais le parquet avait fait appel et les militants ont cette fois été condamnés à 250 euros d'amende ferme. «Cette décision ne va pas dans le sens de l'Histoire. Hier [le 13 janvier] en Suisse, un jugement a reconnu l'état de nécessité pour des militants qui s'étaient introduits dans une banque», a regretté l'un de leurs avocats, Thomas Fourrey.

Nous allons contester cette condamnation et nous pourvoir en cassation afin d'obtenir une décision inspirante, qui soit vraiment à la hauteur du péril climatique

«Cela ne nous décourage pas pour autant, nous restons déterminés. Nous allons contester cette condamnation et nous pourvoir en cassation afin d'obtenir une décision inspirante, qui soit vraiment à la hauteur du péril climatique», a annoncé la prévenue, Fanny Delahalle.

Dans une autre affaire, six «décrocheurs» condamnés au mois de mai à Bourg-en-Bresse ont été condamnés à des peines similaires - 500 euros d'amende avec sursis - en appel le 14 janvier à Lyon.

C'est l'inaction du gouvernement pour préserver le climat qui est criminelle

«Quand on voit les incendies en Australie qui sont à l'image de notre futur proche si rien n'est fait, et déjà une réalité pour les Australiens, la relaxe était la seule réaction décente et sensée que pouvait nous offrir la justice», a déclaré l'une des activistes condamnées, Anne-Sophie Trujillo.

«Les deux arrêts remettent en cause la nécessité de l'action en reprochant aux prévenus de ne pas avoir utilisé, au préalable, tous les moyens dont ils disposaient. Or, c'est justement parce que toutes les voies légales de plaidoyer et de recours avaient été épuisées qu'ils en sont arrivés-là», a commenté l'une de leurs avocates, Maître Sophie Pochard.

«C'est [...] l'inaction du gouvernement pour préserver le climat qui est criminelle. Merci à ces citoyens engagés pour le climat !», a réagi dans un tweet le candidat EELV pour la métropole de Lyon, Bruno Bernard.

ANV COP21 a lancé en février 2019 la campagne nationale «Décrochons Macron», consistant pour ses militants à se rendre dans les mairies pour y confisquer les portraits du président afin de «dénoncer le vide de sa politique environnementale et sociale», comme indiqué sur leur site internet. Depuis, le groupe revendique environ 130 «réquisitions» symboliques de portraits présidentiels sur tout le territoire, ce qui a donné lieu à une série de poursuites judiciaires à l'encontre de ses militants.

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