Hébergement pour les réfugiés : l'Etat a été sourd pendant des années dénoncent des associations

Si l'Etat va trouver des places pour accueillir des réfugiés, les associations déplorent que pendant des années, des migrants aient dû s'installer dans des conditions précaires, comme ici à Calais, alors que des logements vacants étaient disponibles. Source: Reuters
Si l'Etat va trouver des places pour accueillir des réfugiés, les associations déplorent que pendant des années, des migrants aient dû s'installer dans des conditions précaires, comme ici à Calais, alors que des logements vacants étaient disponibles.

Depuis des années, des associations demandent à l'Etat des solutions d'hébergement pour venir en aide aux réfugiés et aux plus démunis. Sans résultat. L'Etat, qui a toujours prétexté un manque de places, vient pourtant d'en trouver 20 000.

Depuis des mois, des années, les associations exigent de l’Etat des mesures, des réactions pour éviter les squats, les réfugiés qui dorment sur les trottoirs, les expulsions sans relogement. Sans résultat. Pourtant, après que le gouvernement a annoncé son intention d'accueillir 30 000 migrants d'ici deux ans, des places d'hébergement semblent se libérer par magie. «Ça nous surprend», ironise Marie Huiban, une porte-parole du Droit au Logement (DAL) à Paris. «C'est une très bonne chose, légale et normale, que les réfugiés soient hébergés, mais ce manque de logements, d'hébergements, cela fait des années qu'on le dénonce...»

Selon Le Monde, 20 000 places d’hébergement pourraient être disponibles en moins de six mois. L'Association pour la formation professionnelle des adultes (AFPA) dispose ainsi de 7 500 places inoccupées, le ministère de la défense de 8 000 places et Adoma de 5 000 places. 

En outre, 77 000 logements HLM seraient vacants depuis plus de 3 ans. «Des places existent et cela fait des années qu'on le dit», confirme Paul Garrigues, militant au sein de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) à Dijon – qui a accueilli un des plus grands squat de sans-papiers de France. «Nous sommes donc partagés, car si les choses évoluent, tant mieux, mais il est dommage d'avoir dû attendre si longtemps pour voir l’État faire un geste envers les demandeurs d'asile.»

Pour le DAL, entendre Jean-François Carenco, le préfet de région Ile-de-France, affirmer que «l’État a assez de places disponibles, ce n'est pas un problème de places» est même assez cocasse. «Cela prouve que l’État se moquait de nous», appuie Marie Huiban. «On le savait bien, tout dépend de la volonté politique, car la capacité d'accueil, elle existe, ça fait des années qu'on le dit.»

Et cela alors que les associations entendent depuis des années l’Etat leur répondre qu'il n'y a pas assez de places pour accueillir les réfugiés, ou même pour ceux qui doivent bénéficier de la loi sur le logement opposable. «Les lois doivent s'appliquer», confirme Marie Huiban. «Il y a aussi en France des réfugiés économiques, des gens sans logement. Et depuis des années, l’État dit qu'il ne peut rien faire, qu'il n'a pas de logements disponibles...»

«Tout est une question de volonté politique» affirme aussi Paul Garrigues. «Il existe, et cela depuis longtemps, une vraie marge de manœuvre sur l'hébergement.» La vague d'émotion, et le changement d'opinion du gouvernement quant à l'accueil des réfugiés, semble en tout cas avoir fait changer la donne. «Depuis des années, on refuse de nous écouter, Si cela évolue c'est positif, même si on a un peu peur que les choses ne changent pas pour tous les réfugiés. Car la situation était déjà la même il y a quelques semaines et rien n'avait été fait.»

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