Renvoi du procès des Gilets jaunes en cause dans l'affaire de l'intrusion dans un ministère

Renvoi du procès des Gilets jaunes en cause dans l'affaire de l'intrusion dans un ministère© Bertrand GUAY Source: AFP
Des voitures de police devant l'entrée du ministère du porte-parole du gouvernement, après avoir été forcée par des Gilets jaunes le 5 janvier 2019, à Paris (image d'illustration).

Le procès de Gilets jaunes soupçonnés d'avoir forcé l'entrée du ministère du porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a été encore une fois reporté. L'avocat d'un des prévenus estime que ce procès «répond aux injonctions politiques».

Après plusieurs reports, le procès des cinq Gilets jaunes soupçonnés d'avoir forcé le 5 janvier avec un chariot élévateur l'entrée du ministère du porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, ou d'avoir participé à la scène, a été renvoyé ce 13 décembre au 12 mars 2020.

Lors de l'acte 8 des Gilets jaunes, les images de cette intrusion spectaculaire avaient fait le tour des réseaux sociaux. Le groupe d'individus avait défoncé la porte ouvrant sur la cour du secrétariat d'Etat, provoquant l'évacuation d'urgence du porte-parole du gouvernement. 

Les quatre prévenus, qui disent s'être connus «par hasard» ce samedi de janvier, devaient être jugés pour plusieurs dégradations et pour le vol du chariot élévateur qui avait servi à enfoncer les portes en bois du ministère, situé rue de Grenelle à Paris. Un cinquième homme, Kevin L., 29 ans, devait aussi être jugé, pour les mêmes faits. Mais vu la similarité des deux dossiers, le tribunal a ordonné leur jonction, ce qui induit le renvoi du dossier, a expliqué le président, devant une dizaine de proches des prévenus, cité par l'AFP. «Je suis le troisième président d'audience à passer des heures sur ce dossier, c'est une situation qui ne satisfait personne et que je déplore», a ajouté Thomas Jouck, qui a toutefois reconnu «la violence» et la «pression» de la comparution pour les prévenus, jamais condamnés auparavant. Leurs avocats déplorent en effet une situation devenue «intenable» pour les prévenus.

Un procès politique ?

Répondant à RT France, Bérenger Tourné, l'avocat d'un des cinq prévenus, affirme que son client n'a même pas pénétré dans l'enceinte de la cour du ministère. «La façon dont ce procès a été instruit répond aux injonctions politiques qui voulaient privilégier la célérité plutôt que la manifestation de la vérité», déplore l'avocat. Il explique que «pas moins de 25 enquêteurs ont été mobilisés nuit et jour pour arriver à un résultat somme toute médiocre» puisque la personne à l'origine de toute l'affaire, «celui qui trouve les clés du Fenwick [le véhicule ayant servi à défoncer le portail] n'a même pas été investiguée».

L'accusation est lourde. «Les prévenus risquent jusqu'à sept ans de prison compte tenu des circonstances aggravantes qui leur sont reprochés et vu la manière dont le parquet a instruit cette affaire», a déclaré Bérenger Tourné qui estime que le parquet a traité le dossier «vite et mal». Comme les autres avocats de la défense, il ne voulait pas de la jonction des dossiers. La défense des quatre premiers prévenus a expliqué n'avoir pas «eu accès à la procédure de Kevin L.» et notamment une vidéo, sur laquelle repose la procédure.

C'est Raphaël Kempf, l'avocat du cinquième prévenu qui a sollicité ce 13 décembre le report du dossier, n'ayant pas eu accès à la totalité du dossier «de mille pages» des quatre premiers. Même son de cloche pour Bérenger Tourné qui n'a pas le dossier de Kevin L.

Un premier procès pour les quatre Gilets jaunes jugés ensemble avait été renvoyé deux fois, avant d'être annulé le 29 mai par le tribunal correctionnel de Paris, en raison d'un défaut de procédure.

Lire aussi : Des manifestants défoncent la porte du secrétariat d'Etat de Benjamin Griveaux (VIDEO CHOC)

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