500 km de bouchons, transports bloqués: un «lundi noir» contre la réforme des retraites (EN CONTINU)

500 km de bouchons, transports bloqués: un «lundi noir» contre la réforme des retraites (EN CONTINU)© Zakaria ABDELKAFI Source: AFP
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Manifestation à Paris du 5 décembre contre la réforme des retraites.

A la veille d'une nouvelle journée d'actions contre la réforme des retraites prônée par Emmanuel Macron à l'appel de l'intersyndicale, les grévistes restent mobilisés. «Nous tiendrons jusqu'au retrait», prévient le leader de la CGT Philippe Martinez.

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  • Au micro de France Info, le vice-président et porte-parole du Medef, Fabrice Le Saché, a reproché au gouvernement son «manque de clarté» sur la réforme des retraites. Il a aussi regretté ce 9 décembre le «manque de visibilité» du gouvernement.

    Dans le détail, Fabrice Le Saché a dit : «Le manque de clarté du gouvernement conduit, de fait, à mobiliser les gens, parce qu'ils ne savent pas. Ils n'ont pas de visibilité».

  • Aurore Bergé, porte-parole de LREM, estime sur BFMTV et RMC au sujet de la mobilisation d'envergure contre la réforme des retraites : «Ils sont main dans la main entre Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, la CGT, c'est un choix politique.»

    «J'ai toujours pensé que l'extrême gauche et l'extrême droite se rejoignaient toujours et la preuve en est apportée aujourd'hui», a poursuivi la députée des Yvelines.

    «Marine Le Pen a apporté son soutien clair à la grève et à l'appel à la mobilisation, Jean-Luc Mélenchon a donné un brevet d'humanisme à Marine Le Pen en disant qu'il se satisfaisait qu'elle les rejoigne dans le combat», a encore dénoncé Aurore Bergé.

  • Les forces de l'ordre tentent de débloquer le dépôt de bus de Paris Est.

  • Un «lundi noir» se dessine, ce 9 décembre, du fait de l'affluence escomptée en gares et stations. La SNCF prévoit d'assurer «entre 15% à 20%» de son trafic habituel, soit un TGV et un Transilien (RER SNCF et trains de banlieue) sur cinq, trois liaisons TER sur 10 (essentiellement assurées par bus), un train Intercités sur cinq et un trafic international «très perturbé».

  • Sept des 25 «centres bus» de la RATP étaient bloqués ce 9 décembre au matin par des grévistes, seul un tiers des bus circulant en conséquence contre la moitié prévue la veille au soir par la régie autonome, a fait savoir un porte-parole. Parmi les dépôts bloqués figurent celui de Lagny, dans l'est parisien, celui d'Asnières ou encore celui d'Aubervilliers, selon cette même source.

    Le trafic RATP reste «extrêmement perturbé» comme anticipé : neuf lignes de métro sur 16 sont totalement fermées, la ligne 11 fonctionnant finalement de 6h30 à 9h30 en dépit de la fermeture de quatre stations ayant une correspondance.

  • Plus de 500 kilomètres de bouchons ont été enregistrés autour de 7h30 sur les routes d'Ile-de-France en raison de la grève dans les transports en commun liée à la mobilisation contre la réforme des retraites, selon le site d'information routière Sytadin. Peu après 7h30, ce site dépendant de la Direction des routes Île-de-France (DiRIF) recensait 522 kilomètres d'embouteillages sur les routes franciliennes, avec une situation aggravée par la pluie. La moyenne habituelle à cette heure est entre 200 et 250 km.

  • Selon un sondage Ifop pour le JDD publié ce 7 décembre, 53% des Français auraient une opinion positive du mouvement de grève qui a débuté le 5 décembre. Selon cette enquête d'opinion réalisée le 6 et 7 décembre, 33% des personnes interrogées soutiennent les grévistes, un chiffre en hausse de 6 points par rapport au sondage publié par cette même source le 1er décembre. 20% (+1 point) des individus interrogés affirment éprouver de la sympathie pour le mouvement, soit un total de 53% d'opinions positives.

  • Dans un entretien publié dans le Journal du Dimanche ce 8 décembre, le secrétaire générale de la CGT, Philippe Martinez, a assuré que les opposants à la réforme des retraites voulue par le gouvernement «tiendron[t] jusqu'au retrait». Il s'est également félicité du «très beau succès» des manifestations menées dans tout le pays le 5 décembre : «Les contacts qui avaient été pris ­depuis deux mois dans différentes entreprises publiques et privées montraient que le mouvement allait être fort : il l'a été encore plus que ce qu'on attendait. Quand on expliquait à Édouard ­Philippe qu'il y avait de la colère, il affichait un petit sourire. Ces derniers jours, il n'a pas dû sourire.» «En 1995, au début de la première manifestation, le Premier ministre Alain ­Juppé avait dit que jamais il ne retirerait son projet. Les choses évoluent vite. Et la colère est grande. Le gouvernement ­devrait être attentif», a-t-il également prévenu.

  • Ce 8 décembre au soir, Emmanuel Macron et Edouard Philippe réuniront les ministres concernés par le dossier de la réforme des retraites avant la présentation aux partenaires sociaux, le lendemain, par Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, et Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire aux Retraites, des conclusions des consultations menées par l’exécutif. S'ensuivra l'annonce des détails de la réforme par Edouard Philippe le 11 décembre.

  • Face aux grèves de la SNCF et de la RATP, le secrétaire d'Etat aux transports Jean-Baptiste Djebbari avait promu les cars Flixbus. Celui-ci s'était en effet dit, le 5 décembre, «ravi d’annoncer que Flixbus déploie dès demain [le 6 décembre] des bus entre Massy et Aulnay-sous-Bois pour répondre aux besoins des usagers franciliens et parisiens, durant ces jours de grèves».

    Mais l'initiative est finalement morte dans l’œuf, faute de client.

    Ainsi, ce 7 décembre, plusieurs médias, dont l'AFP, confirment que la liaison entre Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), Paris-Bercy et Massy (Essonne), lancée à l'initiative du gouvernement, tournait à vide. L'expérience ne devrait donc pas être reconduite le 9 décembre, selon un porte-parole.

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Ce 5 décembre débute dans toute la France une grève qui s'annonce particulièrement suivie, à l'appel des syndicats, rejoints par plusieurs figures des Gilets jaunes. L'objet des protestations : la réforme des retraites voulue par le gouvernement qui entend instaurer un «système universel» par points, censé remplacer les 42 régimes existants (fonctionnaires, privés, régimes spéciaux, complémentaires). Les opposants à cette réforme, dont les revendications sont multiples, dénoncent une mesure qui précariserait les retraités.

Pour l'occasion, près de 250 cortèges sont organisés un peu partout en France. Dans les transports, 90% des TGV et 80% des TER devraient être annulés, et 11 lignes du métro parisien fermées. Des grèves illimitées sont prévues à la RATP et à la SNCF où on s'attend déjà à un mouvement dans la durée.

Dans le ciel, les compagnies aériennes devraient réduire de 20% leur programme de vols.

Il y aura aussi nombre d'école fermées. «70% des enseignants du primaire se sont déclarés en grève, et les taux dans le secondaire devraient être voisins, je n'ai jamais vu ça», a assuré Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU.

Policiers, éboueurs, avocats, retraités ou transporteurs routiers appellent aussi à des actions. 

Une partie de la classe politique (Rassemblement national, France insoumise, PCF et PS) a affirmé son soutien au mouvement de grève, appelant parfois ses sympathisants à le rejoindre.

De son côté, Emmanuel Macron s'est montré inflexible, promettant le 4 décembre : «Je n'y renoncerai pas.» Il a en outre affirmé qu'il s'exprimerait devant les Français quand il le jugerait «opportun».

Le projet précis de réforme sera dévoilé mi-décembre pour un passage au Parlement début 2020.

Lire aussi : Primes, formation : comment la RATP et la SNCF tentent de minimiser la grève interprofessionnelle

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