Rugy a-t-il financé 63 000 euros de travaux dans son appartement avec de l'argent public ?

Rugy a-t-il financé 63 000 euros de travaux dans son appartement avec de l'argent public ?© Patrick Kovarik Source: AFP
François et Séverine Servat de Rugy à Paris, le 5 février 2018 (image d'illustration).

Mediapart épingle de nouveau le ministre François de Rugy pour des travaux entrepris dans son appartement alors qu'il était président de l'Assemblée. 63 000 euros des poches du contribuale qui compliquent encore un peu plus la situation du ministre.

Assisterions-nous à la naissance d’une «affaire Rugy» ? Après avoir révélé comment le désormais ministre de la Transition écologique et solidaire avait organisé des dîners en grande pompe avec l’argent du contribuable alors qu’il était président de l’Assemblée nationale, le site d’information Mediapart a publié ce 11 juillet une nouvelle enquête montrant comment l’ancien écologiste a effectué pour plus de 63 000 euros de travaux dans son logement situé au sein l’hôtel de Roquelaure, dans le VIIe arrondissement de la capitale.

La site d’information détaille les différentes préstations contractées par l’ancien député : 35 390 euros pour refaire la peinture, 4 639 euros de moquettes et parquets, 6 057 euros pour les salles de bains et enfin 16 996 euros pour un «dressing géant». Questionné par Mediapart, le cabinet du ministre justifie ces dépenses par «nécessité», les derniers travaux entrepris datant d’une quinzaine d’années. «Les travaux effectués fin 2018 ne portaient aucunement sur des éléments ayant d’ores et déjà été rénovés il y a seize ans, mais sur des pièces plus anciennes», explique le cabinet du ministre rappelant que les peintures n’avaient «pas été refaites depuis 2003» et présentaient des craquelures et «de nombreuses tâches et traces d’humidité».

Un argumentaire mis à mal

Questionné par le média, l’entourage de Nicolas Hulot se souvient au contraire d’un appartement «nickel et surdimensionné». Publiant les photographies du lieu avant travaux sur son site, Mediapart fait état d’un «tapis déchiré» et d’un «bout de moquette tachée». Le dirigeant d’une des sociétés en lice pour refaire les peintures, Jean-Louis Bertrand, précise au site d’information que l’appartement était dans un état «très correct» loin d’être «décati». L’entrepreneur rejette la justification de la «nécessité» préférant utiliser le terme de «confort».

Dernier point abordé par Mediapart : le choix des prestataires. Si le cabinet de François de Rugy met en avant une volonté du ministre de «limiter les coûts des travaux en proposant […] que des devis complémentaires soient établis par d’autres prestataires», le site révèle que les entreprises les plus compétitives n’ont jamais été sélectionnées, à l’exception de la rénovation des sols. Pour les travaux de menuiserie, dont le dressing faisait partie, c’est même le plus coûteux des quatre prestataires qui a été retenu. Le cabinet de François de Rugy se justifie en expliquant que «ces prestataires ne présentaient pas les références et garanties nécessaires pour réaliser des travaux de rénovation dans des bâtiments anciens». Une affirmation que conteste un des artisans Jean-Louis Bertrand, dirigeant de l’entreprise Deshaies, affirmant faire régulièrement des rénovations de bâtiments anciens comme récemment «pour la famille royale du Qatar» ou encore «chez Monsieur Borloo».

Si elles n’ont pas encore eu raison du ministre, ces révélations ont d’ores et déjà poussé sa directrice de cabinet à démissionner. Épinglée par Mediapart pour avoir bénéficié d’un logement social à Paris pendant une dizaine d’année alors qu'elle ne résidait pas dans la capitale, Nicole Klein, a annoncé son départ du ministère ce 11 juillet, sans doute sous l’impulsion de François de Rugy. Dans le même temps, les appels à la démission se multiplient à l'instar de l'ancienne ministre et député Delphine Batho ou du porte-parole d'Europe Ecologie les Verts, Julien Bayou, présent le 11 juillet sur le plateau de Radio classique.

Lire aussi : «Moralement inacceptable» : l'opposition réagit à l'affaire des luxueux «dîners privés» de Rugy

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