Les descendants d'immigrés auraient une espérance de vie moindre que le reste des Français

Les descendants d'immigrés auraient une espérance de vie moindre que le reste des Français© BENJAMIN CREMEL Source: AFP
A Barbès (Paris XVIIIe), le 27 mai 2017(image d’illustration).

L'Institut national d'études démographiques a mené une grande enquête sur la santé des Français. Leurs conclusions indiquent que les descendants d'immigrés de deuxième génération ont une espérance de vie plus faible que leurs compatriotes.

Les hommes nés en France de parents originaires d'Afrique du Nord connaissent une «importante surmortalité» : c'est le résultat d'une étude de l'Ined publiée le 27 juin, qui reste cependant vague sur les causes de ce phénomène.

Alors que la probabilité estimée de décès entre 18 et 65 ans s’élève à 162 pour 1 000 pour les hommes de la population «de référence», elle est 1,7 fois plus élevée pour les hommes nés en France de deux parents immigrés d’Afrique du Nord (Algérie, Maroc et Tunisie), soit 276 pour 1 000 rapporte l'Institut national d'études démographiques.

Les résultats suggèrent que cette surmortalité ne s'explique pas simplement par les différences de niveau d'éducation, mais par un ensemble de désavantages

«Les résultats suggèrent que cette surmortalité ne s'explique pas simplement par les différences de niveau d'éducation, mais par un ensemble de désavantages, notamment sur le marché du travail et sur le niveau des revenus», expliquent les auteurs, qui estiment qu'il s'agit d'une «dimension de santé publique importante et inconnue jusqu'ici».

Les immigrés de première génération pas affectés par cette surmortalité

En revanche, elle est plus faible pour ceux de la deuxième génération d'origine sud-européenne (Portugal, Italie et Espagne), à 106 pour 1 000, ainsi que pour les hommes immigrés de première génération toutes origines confondues. Les résultats concernant les femmes ne relèvent pas de «différences statistiquement significatives», précise l'étude.

La discrimination sur le marché du travail, qui est «plus répandue» parmi la deuxième génération, peut se traduire par une «détérioration du fonctionnement psychosocial» et par un «impact négatif sur la santé», explique les chercheurs de l'Ined, qui ont précisé qu'il a été «difficile» de travailler sur le sujet à cause du manque de données. Selon l'étude, la première du genre en France, «il est peu probable que la différence d'accès aux soins de santé soit un élément important car les études n'ont montré aucune différence dans l'utilisation des soins» entre les groupes étudiés. 

Les chercheurs ont utilisé un échantillon de 380 000 personnes âgées en 1999 de 18 ans et plus et ont exploité des registres de décès jusqu'en 2010. Selon l'Ined, la France est le pays qui compte la plus grande population de descendants d’immigrés de deuxième génération dans l'UE. En 2014, la population d'individus nés en France avec au moins un parent immigré représentait 9,5 millions de personnes, soit 14,3% de la population totale.

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