Arrestation d'Eric Drouet : «une nouvelle manœuvre d’intimidation du président», pour François Boulo

Arrestation d'Eric Drouet : «une nouvelle manœuvre d’intimidation du président», pour François Boulo© Capture d'écran @RT France
François Boulo, avocat et porte-parole des Gilets jaunes de Rouen, invité du journal télévisé de RT France.

Invité du journal télévisé de RT France, l'avocat François Boulo, l'un des porte-paroles des Gilets jaunes de Rouen, a dénoncé l'interpellation d'Eric Drouet et exhorté le président français à procéder à un «changement de cap».

L'avocat François Boulo s'est exprimé au nom des Gilets jaunes de Rouen sur le plateau de RT France le 3 janvier pour dénoncer l'interpellation à Paris, la veille au soir, d'Eric Drouet, une des figures du mouvement. Auteur d'une lettre ouverte destinée à Emmanuel Macron, il a mis en garde le président français et l'a appelé à «ouvrir les yeux sur la profonde crise sociale et économique» qui traverse le pays.

Cette interpellation est tout à fait irresponsable et de nature à alimenter la colère

François Boulo a qualifié l’arrestation d'Eric Drouet de «manœuvre d’intimidation du président», alors que le rassemblement (non-déclaré) sans port de gilets ne visait qu'à rendre hommage aux morts et aux blessés lors des manifestations. Selon l'avocat, «le pouvoir est en train d’essayer d'utiliser la force pour museler politiquement des gens qui ont décidé de contester effectivement cette politique injuste menée par le gouvernement». «C'est une interpellation tout à fait irresponsable et de nature à alimenter la colère [...] Eric Drouet voulait apaiser les choses et ne pas alimenter le climat de tension qui règne dans le pays», a-t-il ajouté. 

Une adresse au président, pour un véritable changement de cap

François Boulo, nouvelle icône médiatique du mouvement à Rouen, a adressé une lettre ouverte au président de la République le 1er janvier. Il y énonce un certain nombre de recommandations afin «d'entendre le peuple» et de lui apporter des «solutions concrètes». «Il faut prononcer des paroles apaisantes, notamment en ayant un mot d’empathie pour les morts pour les blessés graves, ainsi que condamner les dérives individuelles de certaines forces de l’ordre», a-t-il déclaré sur le plateau de RT France. Il a repris des points développés dans sa lettre : dénoncer les agissements de certains individus au sein des forces de l'ordre et de «réconcilier le peuple» avec ses policiers et ses gendarmes.

Emmanuel Macron ne remet en cause aucun des dispositifs fiscaux au bénéfice des 1% des plus riches du pays

Est-ce réaliste d’estimer que de simples paroles pourraient infléchir le mouvement des Gilets jaunes ? François Boulo estime également qu'«un vrai changement de cap politique» est nécessaire. Trouvant les «10 milliards d’euros» des mesures sociales décidées par le président «très insuffisants», et assumés par «la classe moyenne au sens large», il préconise de taxer les plus fortunés à la place. «Emmanuel Macron ne remet en cause aucun des dispositifs fiscaux au bénéfice des 1% des plus riches du pays», dénonce l'avocat qui plaide pour une remise à plat de l'impôt sur la fortune (ISF), de l'exit tax, de la flat tax et du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE).

A propos du CICE, dans un duel sur LCI visionné plus de 800 000 fois sur les réseaux sociaux, le porte-parole des Gilets jaunes de Rouen a cloué Patrick Martin, président délégué du Medef. Pour financer de nouvelles mesures sociales, comme la hausse du minimum vieillesse ou l'indexation des allocations familiales sur l'inflation, François Boulo a suggéré que le CICE soit conservé pour les petites et moyennes entreprises, mais supprimé pour les grandes entreprises, qui en captent la moitié. Il a estimé que «les grands groupes» n’en avaient pas besoin, eux qui «distribuent des dividendes aux actionnaires par milliards», tout en continuant à licencier. L'avocat a évalué ces «cadeaux fiscaux» à 20 milliards en 2018 et 30 milliards en 2019.

Alors que Patrick Martin a évoqué une récupération, estimant que cet aménagement du CICE ne faisait pas partie des revendications des Gilets jaunes, François Boulo a répliqué qu’il suffisait de consulter tous les cahiers de doléances qui circulaient sur les réseaux sociaux. «Que vous soyez dans le déni, et que vous ne vouliez pas le voir ça, ça vous regarde !», a-t-il asséné au président délégué.

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