«Rejoignons la colère contre Macron» : les étudiants convergent avec les Gilets jaunes

«Rejoignons la colère contre Macron» : les étudiants convergent avec les Gilets jaunes© Meriem Laribi.
Assemblée générale du campus de Censier à l'université Paris III, le 4 décembre 2018.

Si le gouvernement tente d'apaiser la colère des Gilets jaunes, qui se mobilisent à nouveau le 8 décembre, ceux-ci font de plus en plus d'émules. Des étudiants d'universités parisiennes ont fait savoir qu'ils formeraient un cortège.

Le mouvement des Gilets jaunes semble doper la mobilisation des lycéens et des étudiants. A Paris, le campus Censier (Sorbonne Nouvelle, Paris III) est bloqué depuis le 3 décembre. L'Assemblée générale (AG) qui a eu lieu ce 4 décembre a voté la reconduite du blocage pour les 5 et 6 décembre. Comme l'a communiqué l'administration, «toute activité administrative [et l']enseignement» sont à l'arrêt. A Tolbiac également, campus qui dépend de l'université Paris I Panthéon-Sorbonne, un blocage a été voté et prendra effet à partir du 5 décembre.

Dans un communiqué, intitulé «Rejoignons la colère contre Macron», les étudiants de Tolbiac dénoncent les augmentations des frais d'inscription pour les étrangers extra-européens. «Edouard Philippe annonçait vouloir augmenter les frais d'inscription pour les étudiants étrangers non européens à 2 770 euros», affirment-ils, déplorant «une préférence nationale à l'université».

En effet, à partir de la rentrée 2019, les étudiants résidant hors de l'Espace économique européen (EEE) devront s'acquitter de 2 770 euros en licence et 3 770 euros en master et doctorat, contre 170 euros pour une année de formation en licence, 243 euros en master et 380 euros en doctorat pour les Français et les Européens.

Les étudiants réunis en AG ce 4 décembre à Censier ont dénoncé une «discrimination supplémentaire» à l'égard des étrangers, d'aucuns n'hésitant pas à qualifier cette mesure de «raciste».

Convergence avec les Gilets jaunes

Cette mobilisation en faveur des étudiants étrangers est cependant galvanisée par le contexte du mouvement des Gilets jaunes, et les étudiants ne veulent pas être en reste. A cet égard, ceux de Censier ont voté ce 4 décembre en faveur d'un départ collectif à partir du campus pour rejoindre la manifestation des Gilets jaunes prévue ce 8 décembre. 

Pendant que les alentours des Champs-Elysées étaient en proie aux affrontements en marge de la manifestation des Gilets jaunes le 1er décembre, quelques centaines de personnes s'étaient rassemblées devant le Panthéon à Paris pour protester contre la hausse des frais universitaires. Cette fois, Gilets jaunes et étudiants devraient donc défiler ensemble.

Certains étudiants prêts à en découdre

Parmi les interventions les plus applaudies lors de l'AG de ce 4 décembre à Censier, des appels à une «violence légitime et nécessaire pour gagner contre le pouvoir». Une allusion aux affrontements qui ont eu lieu le 1er décembre à Paris et dont les images ont fait le tour du monde. Mais certains étudiants ont toutefois fait part de leurs réticences à manifester aux côtés de «l'extrême droite», certains d'entre eux appelant explicitement à en découdre physiquement avec des Gilets jaunes qui appartiendraient à la droite radicale.

En outre, depuis le 3 décembre, des dizaines de lycées sont bloqués partiellement ou totalement dans tout le pays par des jeunes opposés aux réformes en cours au sein de l'Éducation nationale, s'inscrivant également dans le sillage du mouvement des Gilets jaunes. 

Lire aussi : Mobilisation contre le gouvernement : les agriculteurs dans le sillage des Gilets jaunes

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies. Cliquez ici pour en savoir plus.

Accepter