Saint-Denis : trois ans après le raid du 18 novembre 2015, les sinistrés du «48» se mobilisent

Saint-Denis : trois ans après le raid du 18 novembre 2015, les sinistrés du «48» se mobilisent© Twitter : @KatiaRTFrance
48 rue de la République, immeuble de Saint-Denis condamné depuis l'opération policière du 18 novembre 2015.

Trois ans après l'opération antiterroriste du 18 novembre 2015, les copropriétaires de l'immeuble situé au 48 rue de la République, à Saint-Denis, se rassemblent devant le bâtiment toujours condamné.

Dans la matinée du 19 novembre, les copropriétaires du 48 rue de la République, à Saint-Denis, se sont réunis devant l'immeuble, condamné depuis trois ans. Le 18 novembre 2015, le bâtiment avait été le théâtre d'une opération policière antiterroriste, deux membres du commando djihadiste du 13 novembre s'y étant alors retranchés.

Dévasté à la suite de l'assaut policier, l'immeuble reste, trois ans après, inaccessible à ses copropriétaires malgré de multiples actions menées par les sinistrés. Organisés au sein de «l’association DAL des victimes du 48 rue de la République», les copropriétaires sont aujourd'hui venus accompagnés de leur avocat.

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Une journaliste de RT France s'est rendue sur place à la rencontre des sinistrés qui, comme elle le confirme, «ne peuvent pas accéder à leur ancien logement».

«Les locaux sont fermés [...] Aujourd'hui, pas un membre de la mairie n'a pris le soin de se déplacer [...] Nous sommes totalement démunis et spoliés de nos biens», explique un des copropriétaires, par ailleurs commerçant, interrogé par notre journaliste.

Présent sur les lieux, l'avocat du syndicat de copropriété affirme ne pas s'expliquer pourquoi les copropriétaires n'ont pas accès à leurs biens.

Comme en témoigne cette image, les accès et les fenêtres du «48» sont condamnés, et aujourd'hui recouverts de graffitis.

«Ici, spoliation, mépris», inscrit un homme, à l'aide d'une bombe de peinture, sur une bâche recouvrant certains accès condamnés du bâtiment.

Ce 13 novembre 2018, la ville de Saint-Denis avait déclaré dans un communiqué avoir mis «tout en œuvre pour que le bâtiment du 48 rue de la République ne constitue plus un danger» en engageant des travaux de sécurisation de ce bâtiment rendu «inaccessible». 

Les copropriétaires se sont ensuite rendus devant la mairie de Saint-Denis pour y être reçus. Mais les grilles avaient été fermées, ce qui a redoublé leur colère. L'avocat des copropriétaires, Florian Tosoni, s'est emporté : «C'est la réponse qu'on fait au peuple ? On n'est même pas capable de venir discuter avec ces gens !». Il a promis de poursuivre la mairie. Un des copropriétaires a apporté une bannière portant les mots «Ici, spoliation, mépris» et l'a accrochée aux grilles.

RT France a toutefois pu rencontrer David Proult, l'adjoint au maire chargé de l'aménagement et de l'urbanisme. «Cet immeuble est un immeuble dangereux dans lequel on ne peut pas rentrer. il comporte des risques», justifie-t-il. «On a proposé aux copropriétaires de pouvoir accéder à cet immeuble s'il y avait des meubles à reprendre, comme on l'avait fait en 2016 [...] Les occupants de cet immeuble ont pu le faire. S'il faut le refaire parce qu'il manque des meubles, refaisons-le, mais ça s'organise car cet immeuble est dangereux», ajoute-t-il. 

Alors, y aurait-il de la lumière au bout du tunnel ? Pas si sûr. Car pour les propriétaires non-occupants, qui mettaient en location leur appartement ou local de l'immeuble au moment des faits, l'accès est toujours refusé pour des raisons légales. Pourtant, ces copropriétaires possèdent tout de même des affaires dans ces lieux, voire des papiers d'identité ou souhaiteraient faire intervenir de nouveaux experts, autres que ceux qui ont œuvré dans les lieux en leur absence.

Un peu plus tard, des membres du personnel de la mairie ont fini par sortir pour s'entretenir avec les anciens habitants ou bailleurs, mais la question n'est toujours pas tranchée pour les copropriétaires non-occupants. Une situation ubuesque qui n'a que trop duré, sachant que la plupart d'entre eux n'ont pas été indemnisés par l'Etat, alors que l'assaut remonte à trois ans.

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