«L’auteur n’est pas français» : des lycéens refusent d’étudier un livre sur la guerre d’Algérie

«L’auteur n’est pas français» : des lycéens refusent d’étudier un livre sur la guerre d’Algérie© Martin BUREAU Source: AFP
Des élèves participent à la première épreuve écrite de philosophie dans le cadre du baccalauréat dans un établissement d'enseignement à Paris, le 15 juin 2017 (image d'illustration).

L’écrivain Akli Tadjer a posté sur son compte Facebook l'e-mail d’une enseignante d’un lycée de la Somme dans lequel elle explique que certains élèves refusent catégoriquement d’étudier l’une de ses œuvres portant sur la guerre d’Algérie.

Dans la Somme, les élèves d’une classe de lycée auraient refusé d’étudier un livre abordant la guerre d’Algérie, au motif que son auteur n’est pas français ou encore que «l’histoire ne concerne pas la France». Ces objections ont été rapportées par leur enseignante dans un e-mail adressé à Akli Tadjer, l’auteur, avec lequel l'enseignante souhaite organiser une rencontre, le 16 novembre prochain.

L'œuvre raconte la vie parisienne d'Omar, 10 ans, enrôlé au sein du Front de libération national, parti politique algérien créé en 1954 militant pour l'indépendance de l'Algérie. 

Un élève a refusé de lire pour ne pas prononcer le nom "Messaoud"

«Je voulais vous prévenir […] qu’il y a eu une levée de boucliers de certains élèves, car l’auteur n’est pas français (j’aimerais qu’ils écrivent le français comme vous), l’histoire ne concerne pas la France (ils ne savaient pas que l’Algérie avait été française) et il y a du vocabulaire en arabe», relate l’enseignante. Et de poursuivre : «Un élève a refusé de lire pour ne pas prononcer le nom "Messaoud". J’ai dû l’exclure. Autrement dit, des réflexions vraiment racistes.»

En réaction, l’écrivain a partagé le 27 septembre l’e-mail en question et écrit en légende : «Intervention prévue dans une classe de première dans un lycée de Picardie. Merci [Eric] Zemmour. Pauvres profs de l'Education nationale.»

Contacté par France Info, Akli Tadjer a pourtant fait savoir qu’il ne renonçait pas à rencontrer les lycéens réfractaires : «Ça me donne encore plus envie de les rencontrer. Dans leur ville, il y a un mémorial dédié aux soldats de la guerre 14/18 et ils ne savent même pas que des soldats venus du Maghreb et d'ailleurs sont morts pendant cette guerre. Rien que pour ça, c'est une leçon à leur donner.»

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