La formation des imams confiée à un anti-laïque dénonçant une «islamophobie d'Etat»

La formation des imams confiée à un anti-laïque dénonçant une «islamophobie d'Etat»© Philippe Wojazer Source: Reuters
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Un professeur agrégé de droit public qui devait enseigner les grands principes de la laïcité à de futurs aumôniers, notamment imams, a pris quelques libertés avec son plan de cours : celui-ci s'est transformé en réquisitoire contre la loi française.

Le diplôme «Religions, laïcité et inclusion sociale» de l'université de Lorraine sera-t-il reconduit pour l'année 2018/2019 ? Rien n'est moins sûr après les révélations parues dans la presse le 26 septembre.

En 2015, quelques jours après l'attentat islamiste qui a frappé la rédaction de Charlie Hebdo, Manuel Valls, alors Premier ministre avait annoncé qu'il voulait voir les imams formés au principe de laïcité à la française. Une formation avait donc été lancée, mais il semble à présent que les intervenants recrutés pour ce faire n'ont peut-être pas été choisis au mieux. L'un d'entre eux a en tout cas été exclu du cursus : Christopher Pollmann.

Ce professeur agrégé de droit public a été pris en flagrant délit d'anti-laïcité militante alors qu'il était précisément censé dispenser un cours... sur le droit de la laïcité, destiné à des aumôniers de l'armée, des prisons et des hôpitaux. Parmi ses élèves, un tiers d'imams. Ce diplôme d'université (DU) intitulé «Religions, laïcité et inclusion sociale» était en outre subventionné par le ministère de l'Intérieur.

Selon les informations de Marianne et du Figaro, le professeur fustigeait dans son cours le droit français et s'était déjà illustré par le passé pour avoir exposé des thèses «complotistes» à propos des attentats du 11 septembre 2001.

Pendant toute l'année 2017/2018, ce dernier a ainsi pu enseigner son aversion pour la loi d'interdiction des signes religieux à l'école publique et déverser ses thèses sur la loi 2004 participant selon lui à instaurer une «islamophobie d'Etat», selon Marianne qui s'est procuré le plan de cours.

Concernant l'interdiction du voile, le professeur zélé se montre particulièrement virulent. Le Figaro s'est procuré une partie des cours : «S'il s'agissait vraiment de sortir les filles voilées de leur soumission, la puissance publique devrait protéger d'autres catégories de la population féminine à l'égard de soumissions aux effets infiniment plus graves», écrit-il, avant de prendre pour exemple «l'idéal de minceur» ou les «chaussures à talons aiguilles, affectant l'ossature du corps».

Selon le professeur de droit public, «l'exclusion du foulard islamique de l'école publique» est la «pièce maîtresse d'une prophétie autoréalisatrice» et «l'opprobre officiel jeté sur [ces] filles» est une «incitation à des discriminations afférentes». A ce titre, il évoque également «le fantasme d'une soumission» et invite les personnes de culture musulmane à une «affirmation religieuse [...] comme démarche d'émancipation.»

A en croire Christopher Pollmann, la laïcité aurait été détournée de son objectif initial et servirait dorénavant «une nouvelle légitimité pour le racisme et le ressentiment anti-arabe.» 

La sénatrice du Parti radical de gauche, Françoise Laborde, avait été alertée au sujet de ce cours à la tonalité singulière dès le mois de février 2018, elle avait contacté le ministère de l'Intérieur. Interrogée par Le Figaro, elle avertit également : «Il faut s'intéresser de plus près à ces diplômes. Certains imams y viennent simplement pour "pointer" et s'acheter une légitimité».

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