Grand plan santé du gouvernement : quels changements pour un hôpital exsangue ? (ENQUETE)

Grand plan santé du gouvernement : quels changements pour un hôpital exsangue ? (ENQUETE)© pool new Source: Reuters
Emmanuel Macron a dévoilé les grandes lignes du plan santé le 18 septembre à l'Elysée devant des professionnels du secteur.

Le très attendu plan santé du gouvernement saura-t-il séduire le personnel soignant, malade de ses hôpitaux ? Au micro de RT France, les employés des hôpitaux parisiens ont livré leurs inquiétudes.

Intitulé «Ma Santé 2022», le grand plan hôpital du gouvernement s'est fait attendre. A l'instar du plan pauvreté, il devait être dévoilé avant l'été, mais selon une annonce du ministre de la Santé et des Solidarités Agnès Buzyn du 4 juillet, il avait été reporté à la rentrée.

Dont acte : Emmanuel Macron jette ce 18 septembre les grandes lignes de la médecine de demain. Parmi les idées avancées, le chef d'Etat annonce des mesures liées à la médecine de ville, avec, notamment, la création de postes d'assistants médicaux pour aider les médecins en 2019, ainsi qu la fin du numerus clausus en 2020.

Ces deux résolutions visent à réduire les inégalités en matière d'accès au soin sur tout le territoire.

Un contexte social en tension extrême

Les hôpitaux français, financièrement exsangues et sous-dotés en effectifs, attendent-ils plus ? La multiplication des opérations coup de poing au mois de juin dans le sillage des grèves de la faim à l'hôpital psychiatrique du Rouvray et de la longue grève de l'hôpital psychiatrique Philippe-Pinel à Amiens, ville d'origine d'Emmanuel Macron, qui dure toujours et s'enlise, montre l'impatience des soignants.

L'agence régionale de santé d'Ile-de-France a également alerté au mois de juin sur le manque de médecins au cours de l'été dans les services d'urgences parisiens : 1 242 plages horaires non-pourvues risquaient de mettre en péril la santé des Franciliens.

Au micro de RT France, les soignants des hôpitaux parisiens interrogés au cours de l'été ont encore noirci le tableau. Ils ont alerté sur le phénomène d'effet d'annonce et ont prévenu que l'été n'était pas la seule période de l'année concernée par cette avarie... Loin s'en faut : à chaque épidémie, le problème se pose à nouveau. Les solutions avancées par le gouvernement pour pallier ces manques ont par ailleurs vivement fait réagir les soignants interrogés par RT France. Ainsi Edouard Philippe annonçait que les amendes punissant les excès de vitesse au-delà de 80 km/h alimenteraient les caisses des hôpitaux. «Ridicule» pour Karine, assistante sociale aux urgences de l'hôpital Pompidou à Paris.

Le gouvernement est attendu au tournant

Le gouvernement est parfois taxé par ses opposants, notamment par les syndicats, de se retrancher dans une stratégie purement communicationnelle au détriment des actions concrètes... Il est à gager que si l'exécutif ne met pas en musique rapidement ce qu'il a annoncé, avec des effets rapides, les soignants en ville et dans les hôpitaux pourraient se mettre en grève de soins pour de bon et ce à travers toute la France.

Antoine Boitel

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