«Les effets du crack vous connaissez ?» : à Paris, une association pro-migrants suspend son aide

«Les effets du crack vous connaissez ?» : à Paris, une association pro-migrants suspend son aide
Illustration : camp de migrants porte de la Chapelle à Paris, le 7 juillet 2018, photo ©Pascal Rossignol/Reuters

Le collectif Solidarité migrants Wilson a décidé de fermer temporairement les portes de son local. A la population de migrants du nord de Paris, se sont ajoutés de nombreux toxicomanes, conséquence de l'évacuation de la «colline du crack» en juin.

En raison du danger, le collectif Solidarité migrants Wilson a annoncé sur sa page Facebook la fermeture temporaire, jusqu'au 7 septembre 2018 de son local, boulevard Ney dans le nord de Paris, dénonçant «le caractère totalement explosif de la situation à la Porte de la Chapelle». 

Ils veulent quoi, tous les laisser crever ??

Le 1er juillet déjà, le collectif lançait un appel de détresse éloquent sur le réseau social : «Toute dernière nouveauté : la police nous a envoyé tous les drogués au crack du coin ! Résultat on a dû plier bagage et pas d'eau pour personne en cet après-midi torride !»

En cause notamment, la fermeture d'un centre d'accueil de toxicomanes porte de la Chapelle, et l'évacuation, fin juin dernier, d'un périmètre proche du périphérique parisien surnommé la «colline du crack». Cette population expulsée s'est retrouvée mêlée aux migrants, environ 700 par jour, qui viennent s'approvisionner en vivres auprès de Solidarité migrants Wilson. «Ils veulent quoi, tous les laisser crever ?? Que tout le monde s'entretue ? Nous forcer à arrêter ?!!», s'indigne le collectif. Et de poursuivre, avec force points d'exclamation : «Les effets du crack vous connaissez ? Ce matin, quatre bagarres en trois heures ! Et la police omniprésente ces temps-ci s'est éclipsée à 12h, nous laissant nous débrouiller seuls avec "nos" problèmes !!»

Le 27 juin dernier, les autorités, sur saisine de la maire de Paris Anne Hidalgo, décidaient du démantèlement d'un campement sauvage surnommé «la colline du crack», lieu de nombreux trafics de drogue, en particulier la vente de crack. Une centaine de personnes marginalisées s'étaient installées dans ce campement situé au niveau de la bretelle d'accès, à proximité d'un camp de migrants, évacué le 4 juin.

Quelques jours avant, le 30 mai, les forces de l'ordre avaient procédé à l'évacuation d'un autre camp, celui du Millénaire, le plus grand campement de migrants de la capitale. Mais, malgré la dispersion des expulsés en plusieurs points de la capitale, la situation reste critique. En dépit de son évacuation, la colline du crack est ainsi en cours de reconstitution. «Des dizaines d’hommes et de femmes dans un village de bric et de broc, surveillé nuit et jour par les dealers. De l’insécurité, de la violence», a constaté Le Parisien daté du 26 juillet.

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