Comptes de campagne : LREM se tire une balle dans le pied

Comptes de campagne : LREM se tire une balle dans le pied© JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP Source: AFP
Meeting de campagne d'Emmanuel Macron le 28 février 2017 à Angers, dans l'ouest de la France.

Des documents publiés par La République en marche confirment, involontairement, les informations révélées par les journalistes d'investigation de Radio France, sur l'illégalité des avantages dont a pu bénéficier le candidat Macron.

L'équipe de campagne d'Emmanuel Macron a publié un communiqué le 10 juin pour contester les révélations des journalistes de Radio France, concernant les ristournes et les arrangements dont aurait bénéficié Emmanuel Macron, lors de sa campagne pour la présidentielle de 2017. Seulement, comme le constate France Info, à travers ce communiqué et les documents fournis, le parti présidentiel a tiré contre son camp. En effet, dans sa volonté d'expliquer les ristournes, révélées par la cellule investigation de Radio France, le mouvement a publié des documents... qui viennent confirmer ces mêmes révélations.

Ainsi, pour répondre à une accusation d'avoir bénéficié d'une réduction pour la location du théâtre Bobino, La République en marche (LREM) fournit des factures et un courrier montrant que le théâtre parisien, qui a été loué pour un meeting d’Emmanuel Macron à 3 000 euros au lieu de 13 000, avait déjà été loué au même tarif à des associations. Pour LREM, il s'agit donc d'une pratique commerciale habituelle, donc pas illégale. Or, le journaliste Sylvain Tronchet de Radio France affirme : «Si le tarif avantageux [...] est légal quand il est proposé à une association caritative, il est illicite quand il est présenté à un parti politique ou un candidat. En effet, la loi considère qu'un tarif très avantageux est une aide déguisée.»

Pour appuyer ses propos, Sylvain Tronchet renvoie ses lecteurs à l'article L52-8 du code électoral. On peut en effet y lire : «Les personnes morales, à l'exception des partis ou groupements politiques, ne peuvent participer au financement de la campagne électorale d'un candidat, ni en lui consentant des dons sous quelque forme que ce soit, ni en lui fournissant des biens, services ou autres avantages directs ou indirects à des prix inférieurs à ceux qui sont habituellement pratiqués.»

Les documents publiés par LREM, loin de démentir l'enquête du média public, confirment donc au contraire ses révélations.

En outre, le parti présidentiel confirme qu'un éditeur de logiciel a bien accordé une remise de 30% à la campagne d’Emmanuel Macron, un seuil qui aurait dû déclencher au moins les interrogations de la Commission nationale des comptes de campagne. En conséquence, France Info déclare maintenir «l'intégralité des informations qu'elle a révélées sur les ristournes dont a bénéficié le candidat Macron pendant la dernière campagne présidentielle», écrit Sylvain Tronchet.

LREM affirmait que les «révélations» de Radio France avaient provoqué une couverture médiatique massive et une offensive de l'opposition. «Nous leur répondons au passage que nous sommes fiers d’avoir été la campagne qui a su utiliser de la manière la plus économe et la plus judicieuse l’argent que nous avons récolté», écrivait le parti dans son communiqué. Avec ces nouvelles objections légales apportées par les journalistes de Radio France, les communicants d'Emmanuel Macron vont sûrement devoir revoir leur copie.

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