Un an de macronisme : l’exécutif a-t-il «tapé les vieux et enrichi les riches» ?

Un an de macronisme : l’exécutif a-t-il «tapé les vieux et enrichi les riches» ?© Benoit Tessier Source: Reuters
Une affiche de campagne appelant à voter pour le candidat Emmanuel Macron, lors d'un meeting à Paris le 2 mai 2017, illustration

Le 14 mai 2018, Emmanuel Macron achèvera sa première année de mandat. Depuis la campagne présidentielle, la perception du fondateur du mouvement En Marche ! navigue en eaux troubles. De tribord à bâbord, où en est le capitaine de l'Elysée ?

Entre réformes par ordonnances et sorties fracassantes, Emmanuel Macron semble tenir ses promesses sur les volets économique et social de sa campagne présidentielle... Pourtant, chez certains, l'incertitude est de mise quant à l'appartenance politique de l'actuel  locataire de l'Elysée.

«Ni de droite, ni de gauche», vraiment ? Il faut dire que lui-même, plus d'une fois, a laissé planer le doute, notamment en 2014, deux ans avant le lancement de son mouvement politique. C'est dans le cadre d'une appartenance politique apparemment des plus «complexes» que deux journalistes du Parisien se sont intéressés à l'évolution de l'image du chef de l'Etat français, notamment à travers les yeux de ses soutiens les plus proches.

Et même parmi ceux-ci, l'action du chef de l'Etat suscite le doute. Le quotidien de la capitale rapporte les craintes d'un «artisan du programme» d'Emmanuel Macron : «Si, ce qui reste dans l’opinion c’est qu’on a tapé les vieux et enrichi les riches, on aura un vrai problème.»

Quelques lignes plus loin, on apprend que Philippe Grangeon, conseiller politique du président de la République, est également torturé par le programme mis en œuvre : «On fait du social mais on n’arrive pas à le faire passer.»

Les positions de gauche du président de la République auraient-elles du mal à être perçues par l'opinion publique face à une orientation résolument libérale, symbolisée par des mesures comme la réforme du code du travail ou la suppression de l'impôt sur la fortune (ISF), annoncée en début de mandat ? Emmanuel Macron n'a en tout cas pas pu cacher un certain ancrage à droite lors de plusieurs de ses prises de parole, fustigeant sans ambages tantôt les ouvriers de GM&S, tantôt ceux qui pensent que «le summum de la lutte, c'est les 50 euros d'APL».

Si ces contradictions, inhérentes à un programme présenté comme ni de droite ni de gauche, inquiètent certains proches du président de la République, elles ne contrarient en revanche nullement Bruno Roger-Petit, ancien éditorialiste de Challenges devenu porte-parole de l'Elysée. Celui-ci est rassuré quant à la persévérance des valeurs de gauche au sein du camp Macron : «Plus de 90% des électeurs du 1er tour sont satisfaits. Les deux-tiers viennent du PS [Parti socialiste] ! Le socle de toute l’aventure est toujours là !»

L'optimisme de l'ancien éditorialiste ne semble toutefois pas partagé par tous, même au sein de «l'aile gauche de LREM [La République en marche]». Dans une interview accordée au Journal du dimanche (JDD), la députée LREM Brigitte Bourguignon déplore en effet certains choix politiques d'Emmanuel Macron. Elle évoque notamment la baisse controversée de l'aide personnalisée au logement, affirmant : «La baisse des APL était une erreur.» Se félicitant du «pari de la première année, qui visait à libérer l’économie et à renforcer la compétitivité des entreprises», l'élue presse par ailleurs l'exécutif à «déployer la même énergie au service du grand projet social que le président a appelé de ses vœux.»

Certes, moins proche du chef de l'Etat que les personnages précédemment cités, c'est Jean-Christophe Cambadélis, qui semble le plus catégorique sur la sensibilité politique d'Emmanuel Macron. En effet, selon des propos rapportés par Le Parisien, l'ancien chef du PS a déclaré : «Il aurait pu se contenter d’être social-libéral sur l’économie, mais il est aussi passé au centre droit sur le régalien. Cela va produire une forme de rupture avec la gauche. On n’arraisonne pas un électorat quand on l’a cocufié !»
Dans la tempête des contestations sociales, l'image d'Emmanuel Macron interroge. De gauche à droite, elle continue de naviguer... à vue ?

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